Le blog de Jacqueline Peker : littérature, homéopathie, animaux, musique

et pourtant j’ai toujours tellement à vous dire…

Je ne comprends pas pourquoi je suis silencieuse alors que j’ai tellement à dire.
J’aurais pu vous dire que Je suis partie à Sérénac pour retrouver le chemin de la méditation et ce calme intense modulé par Lucienne… que j’ai admiré Barbara déposant sur la soie les couleurs de l’avenir…que j’ai écouté Elisabeth parlant doucement à ceux qui ont mal et qui retrouvent le goût de vivre.
J’aurais pu vous confier l’angoisse que laissent en moi les prochaines élections et le mépris que j’éprouve pour celui qui jette des bombes parce qu’il veut prouver qu’il est le Diable.
J’aurais pu vous parler des livres de Marcus Malte et des poèmes de Mahmoud Darwich auquel la revue Europe consacre son numéro de janvier/février.
J’aurais pu vous dire que j’ai eu le privilège d’écouter Michael Lonsdale lire Péguy au Théâtre de Poche-Montparnasse.

Oui, j’aurais pu vous dire tellement de choses. Aussi, je sais que vous serez heureux de relire ce merveilleux poème de Kipling tellement d’actualité.
Je n’ai pas vraiment l’habitude de vous embrasser…mais là j’en ai envie…pas question de me priver.

SI… TU SERAS UN HOMME, MON FILS

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

3 commentaires

    • Laurence sur 21 avril 2017 à 23:25

    Un magnifique poème ! Merci Jacqueline de nous le redonner à lire …. Il faudrait l’afficher peut-être dans tous les bureaux de vote pour inspirer les votants et les élus 🙂

    • ROUX sur 20 avril 2017 à 13:23

    moi aussi je me réfugie dans le silence sauf avec toi avec qui j’aimerais échanger mais j’attends dimanche soir !!! je t’embrasse fort, merci pour ce toujours très beau poème

    Cathie

    • Gisèle sur 20 avril 2017 à 13:18

    Tout ce que tu ne nous dis pas, tout de suite, au jour le jour ou dans l’urgence, part en voyage dans ton corps de poète. Ce « Tout » qui a grossi, comme un enfant dans le ventre de sa mère au fil des jours féconds, file vers ton coeur, visite intimement ton âme et voit le jour en un concentré de mots intenses, riches et nous rejoins comme une douce pluie, attendue ; vivifiante, parfumée et si bienfaisante.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié.