1_parsifal_40press

« Oh ! suprême bonheur d’un miracle éclatant ;

la lance qui a pu refermer ta blessure,

j’en vois couler un sang très saint,

attiré par la source parente

qui coule là-bas dans l’onde du Graal.

Qu’il ne soit plus caché :

Ouvrez la châsse et dévoilez le Graal.

Miracle du Salut suprême

Rédemption pour le Rédempteur ! »

Ce sont les derniers mots de l’Opéra de Wagner. Parsifal est ébloui par la Lumière du Graal.

Dieu rôde. C’est à Romeo Castellucci que nous devons ce miracle.

Le silence bloque émotion et respiration. L’angoisse fige nos regards.

Le Graal était dans la forêt. Je l’ai ramassé sur un chemin broussailleux. Je sens tout son pouvoir, là, au creux de ma main.

Wagner a montré que la recherche de la Vérité nous rapprochait de Dieu, mais ce Romeo Castellucci nous entraine bien au-delà… dans le combat de l’amour et de la haine, de la magie et de la construction, de la détresse et du pouvoir, de la découverte des corps pour chasser le brouillard…un homme qui, dès les premières minutes, vous prend par la main et vous guide vers la Lumière… Non, ce n’est pas un metteur en scène, mais un magicien sur le chemin de notre bonheur.

Je cherche le Graal depuis si longtemps, et là, sur une scène de l’Opéra de la Monnaie à Bruxelles, il m’enveloppe dans son immensité…la Lumière sur un rideau blanc qui bloque ma respiration. Le seul pouvoir d’un artiste a changé les hommes en dieux et il demande à un chien silencieux de transformer leur indifférence en amour.

Un créateur décide de se mettre au service du plus grand des musiciens, après avoir vécu tout contre sa musique pendant des mois.

Je ne trouve plus les mots qui devraient me permettre de le remercier. Alors, je prie, là, en écrivant pour un homme qui m’a permis d’approcher l’autel de la Rédemption…pour un artiste capable de faire des miracles !

C’était dimanche 20 février 2011 – entre 15H. et 20H. – au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles.

Dehors il faisait froid et humide.

J’espère qu’il y aura des retransmissions…alors vous comprendrez que ce n’est pas seulement de l’enthousiasme.

3 commentaires

Laissez un commentaire