Debussy à Rouen

le 6 octobre

rouen

Certains disent que l’impressionnisme est né en Normandie et que c’est pour cela que nous aimons cette région. Depuis vendredi soir, j’ai une raison supplémentaire d’aimer Rouen sous la pluie. Luc, un autre fou d’opéra, m’a entrainée voir Pelléas et Mélisande, le rôle-titre étant chanté par l’un de ses amis. La pluie ne nous pas quittés mais entre les gouttes j’ai aperçu le sourire de Debussy.

Le Théâtre des Arts est lumineux, accueillant et le public (pas plus élégant que dans nos grands espaces parisiens) semble heureux d’être là. Au bar, tout m’a semblé frais et bon et pas très cher…mais la province c’est moins snob…et le champagne n’est pas le même partout !

J’aime Debussy. J’aime cet opéra et depuis si longtemps, que je ferme les yeux, dès les premières notes, pour laisser la place au rêve. Vendredi soir, quand je suis redescendue sur terre, je savais que j’allais vivre trois heures de grand bonheur.

J’aime la mise en scène d’Alain Garichot…un ciel chargé qui va envelopper l’histoire, des ombres et des lumières qui vont imprégner les sentiments de chacun. J’aime la voix et la présence délicate de Mélusine. J’aime la stature et la force des sentiments de Golaud. Je cherche la main de Pelléas…car déjà je suis Mélusine…magie des mots, de la musique, des lumières et du ciel chargé de pluie.

Alors, n’oubliez pas ces noms et allez vous renseigner sur Internet…tous le méritent.

Ingrid Perruche est belle, souriante ou triste, tragique mais parfois heureuse…On ne peut que l’aimer.

Marc Barrard est un Golaud puissant, soucieux, inquiet mais jaloux, un homme fou d’amour et de haine… détruit par le doute.

Jean-Sébastien Bou (c’est pour lui que Luc a tout organisé) s’installe, là, tout contre notre cœur. Il impose sa fragilité, la force de son amour, ses craintes du lendemain…un homme jeune et amoureux qu’on aimerait rejoindre près de la fontaine.

Dois-je parler de ce qui ne va pas…l’orchestre qui couvre les voix, les fauteuils un peu enfoncés ? Non, car après tout je n’exerce pas ce maudit métier de critique. J’aime ou je n’aime pas. Et, j’ai aimé cette soirée, entre tous ces gens au seul service de la musique du grand Debussy.

J’ai décidé de surveiller les programmes de l’Opéra de Rouen, cette si belle ville normande que je souhaite revoir avec un peu de soleil. Et c’est tout de même moins loin que Londres, Milan, Sydney ou New-York…

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