30 avr.

Le monde s'est assombri...



On a tout dit sur le départ de Rostropovich. Retenez que c'était un immense
artiste, un homme courageux et généreux, un véritable humaniste.
Pour moi, il était et restera l'interprète de la "Sonate pour Arpeggione et Piano"
de Schubert. Rostropovitch au violoncelle, Britten au piano ont fait de cette musique
un véritable dialogue dramatique. Certains accords semblent émaner d'un seul et
unique instrument...d'un seul coeur. La musique de Schubert est là plus intense que
jamais et ces deux interprètes nous font oublier le temps qui passe.
Ecoutez...encore et encore...et vous ne serez plus le même.
Oui Monsieur Rostropovitch, avec votre départ le monde s'est assombri...mais
nous ne pourrons pas vous oublier.
J'aurais aimé déposer quelques fleurs sur votre tombe. Alors acceptez ce court
poème d'Anna Akhmatova qui vous ressemble un peu.

La musique

Il y a en elle un miracle qui brûle.
Elle éclaire toute, indiciblement.
C'est elle-même qui me parle.
Elle n'a pas peur de me consoler.

Ses yeux sont largement ouverts.
Ses ailes sur ses épaules ont un éclat terrible.
Et c'est comme un premier orage,
Comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.

25 avr.

25 millions de dollars...

J'ai quelque retard sur l'actualité, mais les élections ont pris toute mon attention.
Aujourd'hui, je repense à Charles Simonyi, le cinquième touriste de l'espace, qui
venant de passer dix jours à bord d'une capsule Soyouz, a atterri samedi 21 avril.
"C'était formidable...mais cela fait du bien d'être de retour sur Terre". A-t-il oublié
son chèque de 25 millions de dollars que lui a coûté ce voyage magique? Oui, un
voyage de presque deux semaines, soit presque deux millions par jour. Je sais que
l'étude de ses réactions physiologiques et psychologiques vont intéresser le monde
scientifique...Mais comment ne pas penser à tous ceux qui ont faim, à tous ceux
qui ne peuvent pas se soigner, à tous ceux qui n'ont pas de toits pour se protéger
des intempéries? Comment ne pas penser à tous ces enfants de réfugiés fuyant la
guerre, la misère, l'intolérance religieuse? Comment ne pas penser à tous ces bidonvilles
qui ornent nos grandes cités et dans lesquels la drogue remplace le lait ou le pain?
La colère m'aveugle. L'argent permet bien des plaisirs mais n'est-il pas possible d'en
profiter sans avoir un peu de moralité? Quand Bill Gates offre quelques millions de
dollars à des oeuvres charitatives, je me dis que nous avons tous participé. Mais le voyage
de ce milliardaire nous couvre de honte. J'aime trop Jules Verne pour na pas admettre
que notre Terre est devenue "ringarde"...mais de là à jeter 25 millions de dollars dans
les nuages...quand on sait que chaque jours des milliers d'êtres humains meurent de
faim et que là, à portée de mains, règnent la misère et la déchéance. Allons M.Simonyi
oubliez l'espace et apprenez à regarder ce qui se passe autour de vous. Avec un peu de
chance vous deviendrez un homme heureux.

21 avr.

"Elle s'appelait Sarah".

Mes amis ne m'offrent jamais de livres car ils savent que j'en ai des dizaines
en attente d'être lus. Pourtant, mon amie Hélène de Bourges, qui ne connait pas
encore mon appartement, n'a pas hésité à m'envoyer le livre de Tatiana de Rosnay.
Chaque page est un moment d'émotion, de douleur car cette histoire est un peu
la mienne. Sarah a onze ans au moment de la rafle du Vel d'Hiv. J'allais en avoir
six, mais ma mère avait su me mettre à l'abri dans une ferme de la Nièvre. Elle
était sans nouvelle de mon père enfermé à Drancy depuis aoüt 1941. On a su qu'il
en était parti en juin 1942 pour Auschwitz...il fallait faire de la place pour ceux
du 16 juillet! Devant les fours ont-ils pu parler de leurs enfants? Etaient-ils encore
capables de parler?
Oui, ce roman est magnifique. Il n'apporte rien au souvenir de la Shoah mais il est
courageux et personne ne peut rester insensible à l'histoire de Sarah. On y retrouve
l'indifférence de certains Français et on est bouleversé par le courage des autres.
Sans les paysans de Préporché - ce petit village de la Nièvre où j'ai vécu plus de
trois ans - nous aurions rejoint mon père et les parents de Sarah. Il y en a encore
qui osent affirmer que les fours crématoires ne sont que des détails...obligez-les à
lire ce livre qui est un cri pour la Vérité.
"Ils sont morts pendant le terrible été 1942..." les parents de Sarah, mon père,
Irène Némirovski et tant d'autres...
Lundi 16 Avril : à la tombée de la nuit, devant le Mur des Noms, s'achève la journée
de l' Holocauste. Le souvenir de mon père a été associé a celui des parents de Sarah.
Merci, Hélène, mon amie de Bourges, de m'avoir offert ce grand moment d'émotion.

Tatiana de Rosnay "Elle s'appelait Sarah"


16 avr.

Adieu Maryvonne.

Nous aimions tellement ces Congrès qui nous permettaient - enfin - de nous
retrouver pendant quelques heures.
Nous parlions d'Homéopathie, de livres, de peinture, de musique, de danse...de
tous nos projets.
Ton rire résonne, ce matin, au plus profond de mon coeur. Oui, je suis triste comme
on l'est, quand disparait une véritable amitié.
Adieu Docteur Delaruelle. Adieu Maryvonne...personne ne t'oubliera.

15 avr.

Les DOUZE... autour du gâteau.

J'ai toujours pensé que pour parler "politique" il fallait essayer de croire à ce que
l'on dit. J'ai toujours pensé qu'il fallait beaucoup de courage pour promettre - sans
sourciller - des choses que l'on sait ne pas pouvoir appliquer. Mais, j'ai toujours
pensé que cette façon d'agir était réservée aux "grands politiciens", ceux qui dès
leur arrivée sur notre bonne vieille planète Terre étaient choisis par la bonne
"Fée Démocratie". Cette année, Madame la Fée, peut-être désignés par vous, ils sont
DOUZE autour du gâteau...et je vous assure qu'il est impossible de les oublier. On
ouvre l'oeil avec S., on prend son café avec B., on "glougloute" sous la douche
avec LP. Et pendant le déjeuner, on retrouve DV. ou N. ou S (pas celui du matin,
l'autre). Et tout recommence pendant le dîner, et au début de la soirée...et pour
les couche-tard...c'est encore B., S.,L., V.,N...pardon, je m'y perds...
Dans quelques jours, ils ne seront plus que deux! Et, comme même en Démocratie,
les journées n'ont que 24 heures et qu'on nous accorde 8 heures de sommeil...nos
deux survivants - pas encore vainqueurs - se partageront les 16 heures restantes.
Reprenons : 8 heures pour l'un, 8 heures pour l'autre et pour nous, 8 heures pour
essayer de récupérer. Ainsi est née la journée des trois huit. Ainsi vit-on dans un
pays parfaitement démocratique...
Pensez au vainqueur - car c'est bien une victoire - qui va se retrouver si seul...
qui devra profiter des 35 heures, du soleil printanier, des pelouses de l'Elysée,
du vin frais abandonné par l'autre...Mais,pensez à vous et faîtes une cure de fruits et
de légumes, de vitamines et d'oligo-éléments...les Législatives vous attendent et
ils seront encore plus nombreux pour déguster le gâteau.

09 avr.

La maison de Dieu.

Cette année les Juifs et les Chrétiens fêtent Pâques la même semaine et le
soleil a accepté d'inonder les maisons de Dieu. Ainsi, dimanche après-midi, les
dômes de l' Eglise russe de la rue Daru, semblaient lancer, vers un ciel incroyablement
bleu, leurs messages de Paix. Le matin, j'étais passée devant la Synagogue de
la rue Galvani pour mieux penser à la longue marche des Juifs. Et là, je viens d'écouter
les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de Haydn par le Quatuor Talich...un
hymne de Paix et d'Amour.
A Pâques, Dieu ouvre sa Maison...à nous d'y trouver le calme dont nous avons
besoin...d'y trouver aussi la compréhension des autres, de leur mode de vie et de
leurs croyances...d'y trouver enfin ce ciment avec lequel nous devons construire
la Paix.
Pendant la semaine de Pâques je me prive de pain et de farine et je pense aux miens,
traversant le désert. Je n'ai jamais fui ma judéité et tous mes amis le savent.
Aujourd'hui, je crois bien, avoir rencontré Dieu et j'ai repensé à cette petite synagogue
de Latrum en Israël. à l' Eglise silencieuse du Bec Hellouin et je garde tout autour
de moi la lumière des centaines de bougies qui illuminait les icônes de l'église russe.
Je ne sais pas si ceux qui sont partis sont ressuscités mais ils sont dans notre coeur,
dans la Maison de Dieu.
C'est bien la première fois que je parle de Dieu...mais cette année, il a fait un tel
effort pour nous réunir, que je lui devais bien cette attention.


04 avr.

Irène Némirovsky

J'ai toujours eu un faible pour les livres d' Irène Némirovsky mais je ne les
conseille jamais. Je n'ai jamais aimé sa façon de fustiger les siens, mais elle
a été un grand écrivain. Et "Chaleur de sang" qui vient d'être publié chez Denoël
le prouve tout autant que l'avait prouvé " La Suite Française".
On y retrouve l'ambiance de nos villages quand l'hypocrisie recouvre à peine
l'odeur du fumier. Le climat est inquiétant et les silences font mal. On se croirait
chez Siménon. J'aime cette langue un peu désuète mais si précise, comme ciselée.
Si Irène n'était pas morte à Auschwitcz en 1942, je pense qu'elle aurait reçu le
Prix Nobel de Littérature...alors tous ses livres dans nos librairies c'est un hommage
bien mérite.

"Chaleur de sang" - Irène Némirovsky - Denoël


03 avr.

Une promesse.

Je viens de lire ce roman récompensé par le Prix Médecis 2006...un roman
certes mais surtout une superbe histoire d'amitié. On y découvre l'importance
de la mémoire, de la vie, de la mort, de la nature, des maisons de nos campagnes
sur lesquelles souffle le vent et éclate la pluie.
J'ai lu sans me poser aucune question et j'ai aimé cette histoire et tous ses
personnages dès la première page. Je me suis installée au café du "Bosco" et j'ai
écouté les commentaires de chacun. L'auteur, Sorj Chalandon, a obtenu le Prix Albert
Londres en 1988 pour son reportage sur le procès Barbie, et c'est pour cette raison
que j'avais retenu son nom. Dans son roman il sait magnifier les secrets de la vie,
les émotions, l'amitié, la spiritualité du quotidien. C'est un livre qui peut nous aider
à oublier toutes ces "magouilles" qu'on nous impose des dizaines de fois par jour...
une bouffée d'air pur...

Une Promesse - Sorj Chalandon - Ed. Grasset

02 avr.

John Taras

Juste un petit mot pour que vous sachiez combien vous êtes présent dans
nos coeurs et dans nos pensées.
Vous nous avez quittés le 2 Avril 2004 et j'ai demandé à toutes les églises
du monde de saluer l'homme vrai que vous avez été.