La page est tournée. Vous faîtes partie, Monsieur Noiret,
de ces "vrais monstres sacrés" dont on parlera de siècle en siècle.
Au théâtre vous occupiez toute la scène et dès le rideau tombé, on aurait aimé
vous retrouver au bistrot du coin.
Au cinéma, il y a eu les bons, les moyens, les mauvais films...mais on ne
pouvait guère rester indifférent à votre jeu. Comment oublier "Cinéma Paradisio",
"Le Facteur" , "le Vieux Fusil"...? J'ai aimé ce film dans lequel Robert Enrico
montre ce que la guerre a de plus cruel et comment elle peut transformer un
homme comme les autres en vengeur privé de sentiment. "Le Vieux Fusil" n'est pas
un fait divers...c'est bien la guerre dans toute son horreur. Julien est un homme
détruit et personne n'a le droit de remettre en question sa violence. La douleur
que l'on peut lire dans son regard ressemble tellement à celle des survivants des
camps ou des quelques survivants d'Oradour. Personne ne pourra oublier ce film...
mais je crois bien que personne ne pourra oublier Philippe Noiret.