Aimez la poésie…

le 16 février

Oui, il faut aimer la poésie parce que les poètes sont les artisans du rêve. Ils parlent des couchers de soleil, des vagues irritées, des feuilles qui organisent l’automne, des silences de l’amour, du sourire des caresses, de la vie qui joue avec la mort…Pour un poète tout est possible !

Apprenez à aimer la poésie qui organise, parfois désorganise, les mots mais qui, toujours, respecte leur musique.

Un poème peut séduire votre oreille mais, souvent, il s’accroche à votre regard, à vos cheveux, à votre peau…à votre âme qu’il rassure.

Pour Plick, ma chatte tant aimée, je lisais des poèmes à haute voix et je sentais vibrer son poil épais…et je devinais son bonheur.

Nous sommes au début du 21ème siècle. Qui s’intéresse encore à la poésie et aux poètes ? Les grands éditeurs ? Les médias ? Les journaux ?…Les poètes, qui ont besoin d’être lus et aimés, publient à compte d’auteur…ce qui n’est pas vraiment vexant quand on sait que Nicolas Bouvier a publié ainsi son « Usage du monde ».

J’ai écrit mes premiers poèmes à quinze ans et je continue et je ne m’en lasse pas. Je lis ceux des autres parce que nous devons rompre l’isolement. Un recueil de poèmes n’a rien à voir avec un roman dont on parle sur les murs du métro ! Mais n’oubliez pas que c’est souvent un cri du cœur.

Retrouvez les grands, Baudelaire, Hugo, Yeats, Musset…mais apprenez à aimer les autres, les déracinés, ceux qui n’ont que les mots pour construire votre  bonheur.

« Il n’y a pas de plus grande récompense, pour un poète,

que d’écrire un poème ».

Dylan Thomas

Un petit ruisseau surveille la maison du haut…

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Sur cette gravure du 18éme,  je crois bien qu’ils sont tous là…au travail…

Sophie Chauveau affirme que c’est Diderot qui lit!

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Après les « Années bohème » le tome 2 du Diderot de Sophie Chauveau nous installe, avec efficacité et respect, parmi ces « Encyclopédistes » qui vont enfin retrouver la place qu’ils méritent, dans ce début de 21ème siècle, ô combien scientifique.

Je ne m’intéresse plus guère aux programmes de nos futurs bacheliers, mais ce que je sais, c’est qu’il y a plus de cinquante ans,  nous parlions pendant des heures de ces « écrivains » qui avaient apporté au monde « Les Lumières », mais aussi la compréhension de l’homme dans sa totalité et la compréhension de tout ce qui l’entourait…

L’écologie, vous le constatez, ne date pas d’aujourd’hui !

Il faut que je vous dise combien j’aime ce tome 2 (n’oubliez de regarder la 1ère page…ce livre est aussi pour moi) et combien j’ai partagé la passion de Sophie Chauveau pour ce génie débraillé qu’a été Diderot. Débraillé ? certes, mais tellement exigeant, passionné, fouineur, s’intéressant à la vie, à la nature, à l’artisanat, aux hommes et aux animaux mais aussi à la cuisine et à la musique…En refermant ce livre j’ai imaginé notre Diderot devant un ordinateur, parfaitement heureux !

Attention, les Encyclopédistes sont des hommes du 18ème siècle, des humanistes au seul service de la Vérité et non des molécules figées comme le sont, trop souvent, nos chercheurs du 21ème, tellement satisfaits d’eux-mêmes.

J’ai tellement envie que nous connaissiez ce Diderot-là. J’ai tellement envie que vous l’aimiez et envie que vous acceptiez de le conseiller à vos proches et à vos  enfants.

On ne rencontre pas tous les jours un homme qui parle vrai, qui ne se passionne que pour la vie, la sienne comme celle des autres, un homme qui est aussi grand philosophe qu’écrivain exceptionnel…un homme qu’on aimerait prendre par la main et installer à notre table pour partager ce nous avons de meilleur.

Sophie CHAUVEAU

Diderot – Le génie débraillé

2ème époque – les encyclopédistes  - Editions Télémaque – 21E.

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Une libraire – Maïté – offre à son amie – Jacqueline, boulimique de lecture - un livre magnifique avec lequel on peut partir sur une île déserte.

Oui  un  livre pas comme les autres, qui efface le temps, les problèmes, l’âge qui désorganise, la déprime…et qui précise que tout peut basculer.

C’est aussi un livre qui apprend à respecter le silence tout en restant un vrai roman d’amour. Mankell parle des erreurs professionnelles qui détruisent les vies, de la solitude accompagnée d’un irrésistible besoin de caresses, des animaux et des objets qui ont une âme, de la paternité et des mensonges…Un livre ? Non ! un exploit, une leçon de vie, un combat contre le passé, une attente de l’avenir…

La mort est présente sur cette île du bout du monde, mais elle redoute, à tout instant, cet optimisme qui s’organise. Lentement vous sortez de l’ombre et vous apprenez à nager en eaux profondes.

« Les chaussures italiennes » c’est le livre dont on veut parler et qu’on a envie de faire lire.

Quand vais-je le relire ? Je le regarde…je le sais presque par cœur…un livre qui tel un poème se prolonge dans le temps.

A mettre impérativement entre toutes les mains.

Henning Mankell

“Les chaussures italiennes” - Le Seuil



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À coup sûr, là il y a un poète, me suis-je dit en regardant le gros manuscrit que Jacqueline m’a fait l’honneur, la confiance et l’amitié de me donner à lire. Donc à juger. Et qui dans l’intervalle et dans mon dos est devenu ce petit recueil où au détour d’un mot, d’une image, renaît intact et dans sa fraîcheur première tout un pan de vie. La sienne bien sûr mais par la grâce de la poètique universelle, la nôtre.

Dès les premières lignes «… la pluie qui donne des grandes gifles d’amertume… »… « ô mon amour, j’ai broyé des vagues d’océan/ palpé des soleils à plein vent… »…inutiles de recopier tout le volume, partout ça sent le poète qui ne se soucie que de justesse, d’une sorte de vérité musicale pour dire au plus près de la vie ce que l’existence la plus simple recèle d’émerveillement, ce que les joies les plus pures contiennent de désespoir.
Toute sa vie Jacqueline a tenu sa plume tel un gnomon pour connaître le chemin, s’orienter dans l’obscurité, et surtout, surtout, savoir comment y aller.En poésie, c’est aujourd’hui une évidence pour tout un chacun qui ouvrira cet opuscule si joli, Jacqueline nous a raconté une partie de notre propre histoire.

Sophie Chauveau

Le temps n’efface rien
Poèmes de Jacqueline Peker
Aux éditions Baudelaire

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Poèmes éventails
Valérie Loiseau
« Petite fabrique – Edition »

En Juin 2009, au Marché de la Poésie, j’ai rencontré Valérie Loiseau, graveur, peintre et sculpteur…et qui présentait des « poèmes éventail » conçus et réalisés dans son atelier du Mesnil St Denis ; l’un des textes était signé Tagore et l’autre Jules Supervielle. J’ai été conquise et je lui ai confié des poèmes écrits, il y a quelques années, pour illustrer les photos du troisième mousquetaire, Jean-Jacques Cagnart…et nous sommes tous les trois très fiers du résultat. Ne vous fiez pas à la photo mais contactez Valérie.

Les 21 et 22 novembre, dans son atelier, vous pourrez voir ce qu’elle fait et elle vous parlera de nos projets…car nous avons bien l’intention, tous les trois, de continuer.Bien sûr nos « œuvres » sont à vendre chez Valérie qui a fabriqué 100 exemplaires numérotés pour chaque poème…Les 20 euros demandéssont là pour couvrir les frais de fabrication !

Valérie Loiseau« Petite fabrique – Edition » - www.loiseauval.fr
Jean-Jacques Cagnart – Photographies - www.jjcagnart.com
Jacqueline Peker - www.jacquelinepeker.com

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Sophie Chauveau
« Diderot – Le génie débraillé – les années bohème »
Editions Télémaque

« …C’est la vie toute entière de Diderot qu’on avait oubliée.Sophie Chauveau le ressuscite dans un roman enflammé.Le voyage est palpitant, le personnage furieusement sympathique.La dimension de ses écrits est spectaculairement moderne et ses idées nous parlent aujourd’hui plus que jamais ».

De ce livre-là, j’en ai parlé, pendant des mois, à tous ceux qui ont bien voulu m’écouter.Depuis le 22 octobre il est présent dans toutes les librairies…tout au moins je l’espère et maintenant je peux tout juste vous conseiller de le lire :

1 - Parce qu’il parle des « années bohème » d’un écrivain si présent aujourd’hui, et qu’il nous permettra d’attendre le second tome plus proche des Encyclopédistes.
2 - Parce que l’auteur est Sophie Chauveau.
3 – Parce que pendant plus d’un an j’ai partagé, avec eux deux, cette excitation de créer qui change la vie.

Il est urgent que vous vous laissiez emporter…par ce « génie débraillé ».

NOS disparus…

le 11 octobre

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Quand tu sauves un Juif Dieu te remercie et considère que tu as sauvé tout le peuple juif. Mais qu’a dit Dieu lorsqu’il a appris qu’on avait massacré six millions d’hommes, de femmes et d’enfants tous marqués d’une étoile jaune à cinq branches ? Je cherche depuis plus de 50 ans mais je n’ai jamais réussi à lui écrire pour lui poser cette question. Aussi, quand je constate que d’autres le font pour moi, je m’efforce de les en féliciter.

« Les Disparus » de David Mendelsohn sont les miens, ceux des survivants du monde entier. J’aime ce livre qui n’en finit pas, qui parfois agace mais qui nous oblige à penser à notre reconstruction tout autant qu’à notre destruction.

Tous ces livres sont autant de cris dans ma tête. Je suis une « survivante » qui ne sait pas oublier et la recherche méticuleuse de David Mendelsohn me trouble. Nous partageons nos disparus et pour les années à venir ce travail de recherche est indispensable. Ses proches, ceux qui ont survécu, lui ont parlé de leurs villages, de leurs amis, de leurs maisons…Il a voulu retrouver tout cela, replacer les morts là où devraient encore chanter nos vivants…

Ce livre n’est pas encore terminé. Il y aura  six millions de pages…une pour chacun des nôtres. Nous devons tout reconstruire, là où nous sommes, dans la joie et en respectant nos origines. Nous n’avons pas le droit d’oublier. Personne n’a le droit d’oublier et « penser chaque jour à la Shoah » est peut-être la meilleure façon d’en parler avec Dieu.

 

David Mendelsohn

« Les Disparus »

 

 


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Oui, il y a encore des gens qui avouent que, chaque jour, ils pensent à la Shoah…Ainsi sont honorés nos six millions de morts. Parmi ces gens-là il y a ceux qui écrivent  et qui obligent leurs lecteurs à remonter le temps sans jamais retenir leurs larmes. Je les lis presque tous et je ressens comme un devoir de vous les faire connaître.

 

Catherine Mavrikakis

« Le ciel de Bay City » - Sabine Wespieser Ed.

 

La Shoah est une malédiction. Tous ceux qui en ont souffert, à quelque titre que ce soit, gardent au fond d’eux-mêmes une obsession sourde, douloureuse, épuisante, toxique. L’histoire est obsédante car les cendres des nôtres recouvrent chaque instant de notre présent. Le livre de Catherine Mavrikakis est un retour vers notre histoire…une histoire qui est la sienne et à laquelle nous participons. Un livre indispensable.

 

Yannick Haenel

« Jan Karski » - Infini Gallimard

 

Un voyage en eaux troubles? Une longue marche douloureuse? Un coup de tonnerre qui illumine des moments cachés et volontairement oubliés ! Et c’est là le mérite de cet ouvrage qu’il faut lire.

La haine de ma grand’mère pour sa Pologne natale a accompagné ma vie : son shtetl imprégné d’une misère sordide, les pogroms, l’antisémitisme…Yannick Haenel ne remet rien en question mais je sais qu’un Polonais a voulu sauver les Juifs, tous les Juifs entassés dans des camps…et que personne ne l’a écouté. Je pense que ces « sourds-là » auraient bien mérité d’être montrés du doigt et condamnés par une Cour Internationale. Mais les morts ne condamnent pas.

Si ce livre-là, permet à vos lecteurs de retourner vers Claude (et non Jacques,le frère…) Lanzman, vers Marceline Loridan-Ivens, vers Robert Antelme et vers tous ceux qui ont passé leur vie à vouloir dire la Vérité, alors cher Yannick votre livre aura atteint son but et nous devrons vous dire : « Merci ». 

 

David Mendelsohn

« Les Disparus » - J’ai lu – N° 8861

 

On a volé la vie de tous les nôtres. Chacun doit s’exprimer…de ce livre-là je dois vous parler plus longuement.
 

 

 

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Annemarie Schwarzenbach, née à Zurich en 1908 et morte accidentellement à Sils, en 1942 est une femme d’aujourd’hui, une femme dont le combat est celui de la Vérité.
Dominique-Laure Miermont, sa meilleure traductrice, a créé l’ “Association des Amis d’Annemarie Schwarzenbach” et ainsi, en 2008, nous avons fêté les 100 ans de sa naissance, lu et relu son oeuvre, compris son courage dans ce monde abject qui a laissé s’organiser le nazisme.
Annemarie était une grande voyageuse, une excellente journaliste mais aussi une vraie photographe et un écrivain que nous ne pouvons pas ignorer. Elle ne laisse personne indifférent, car elle parle de tout avec courage, de son homosexualité ou de sa haine pour Hitler et pour ceux qui le soutiennent. Elle préfère le combat à l’argent de ses parents. Elle sait protéger ses amis. C’est en lisant Ella Maillart que je l’ai rencontrée pour la première fois. J’ai bousculé tous mes amis libraires pour qu’ils me procurent ses livres. La biographie de Dominique-Laure Miermont a achevé de me convaincre et je cherche à convaincre tous ceux qui me font confiance. Aussi, vous devez lire la conférence de Nicole Le Bris :”Distance et proximité chez Annemarie Schwarzenbach”…50 pages qui disent tout, mais qui nous aident à mieux comprendre et à mieux aimer cette  femme d’aujourd’hui qui nous a quittes à tout juste 42 ans. Annemarie timide, isolée, qui déteste être seule, qui trop souvent garde le silence mais qui interpelle notre indifférence…Distante? certes, mais ô combien présente…là, à proximité de l’inaccessible. Je pense souvent à ce visage d’ange, à sa recherche d’une sorte de paradis perdu, à son angoisse de l’avenir, à son amour sans limite des animaux. Oui, Annemarie savait aimer, donner, partager, tout comprendre…pourquoi n’a-t-elle pas su s’attarder?

www.annemarieschwarzenbach.eu

http://dlaure.miermont.free.fr

A lire impérativement : tous les livres d’Annemarie
Nicole Le Bris : “Distance et proximité chez Annemarie Schwarzenbach” disponible sur le site.
Klaus Mann : “Contre la barbarie” Editions Phébus - traduction D.L Miermont