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C’est presque la fin de l’été et l’humeur plombée des Français n’arrange rien…Je crois bien que la rentrée broie du gris.

L’affaire des Roms s’installe sur un fond noir et crasseux. Ceux qui ne veulent pas perdre leur place au Paradis devraient leur proposer de camper dans leur jardin ou dans leur salon…et se taire ou prier devant les dégâts.

Des milliers de Pakistanais affamés sont dans la boue mais les pays civilisés doivent surveiller la crise et les autres organisent une charia contre le Dieu des Pluies…

Le Crédit Agricole annonce des gains record mais la rentrée coûte cher et nos petits veulent le plus beau, le plus chic, le plus technique…je crois même que, dans quelques années, on distribuera des IPad dans les maternelles.

Les Anglais ne veulent plus apprendre le français. Il faut leur dire que nous ne sommes pas responsables de la mort de Diana même si l’on peut imaginer que c’est un radar qui a aveuglé Paul. Les radars, c’est ma hantise. Je m’estime bon chauffeur, et je refuse de perdre des points pour une politique de la route qui nous trompe, en nous accusant de ne pas respecter la vie des autres.

Les féministes ont fêté leur 40ème anniversaire. C’est vrai qu’en 1971 on me refusait le poste de Directeur de la Transfusion sanguine…une femme ne pouvait pas être « haut fonctionnaire » !  Aujourd’hui, elles sont presque partout mais, à quelques kilomètres de nous, une femme qui nous ressemble va être lapidée. Mesdames, ne rangez pas vos colères. On a encore besoin de vous, et je n’ai plus la force de décrocher mon fusil pour abattre tous les intégristes.

Du gris pour la rentrée…l’Afghanistan qui tue, la Corse qui brûle des maisons, les violences verbales jetées hors des écoles, GDF-SUEZ qui profite de nos sous, des radars toujours plus perfectionnés, des médias rétrogrades, des prix qui s’agitent…

En cherchant bien on devine un peu de bleu…l’équipe de France qui retrouve le sourire, le Président qui déjeune avec nos vrais sportifs, des touristes qui remplissent nos hôtels, essayant d’oublier nos taxis grincheux, nos trottoirs poussiéreux, le petit noir et les croissants trop chers…

Du gris sur la rentrée littéraire ? Qu’importe, j’en ai profité pour relire « Clair de femme », un grand Gary, un de ces livres qu’on voudrait offrir à tous ceux que l’on aime.

Pour moi, rien n’est encore gris. J’ai roulé sur les chemins de mon enfance, sous la pluie qui s’est mêlée à mes larmes. Un peu plus bas, j’ai retrouvé les vaches Salers qui ont participé à mes débuts de vétérinaire. Un peu plus bas encore j’ai posé mes mains sur les rochers cévenols et retrouvé le calme. Un peu plus bas toujours, les lumières du Gard et le chant des grillons m’ont fait oublier le gris triste des villes. Il y avait là des oliviers, des fruits et des légumes si goûteux, du café à la cannelle, du si bon  pain et une amitié qui, toujours, réchauffe l’âme et le cœur.

Mes souvenirs sont là, prêts à donner un peu de bleu à tout ce qui est vraiment trop gris.

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sur les routes…

le 15 août

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Je vais essayer de retrouver

Les terres épuisées de mon enfance

Elles ont repoussé le temps

Ces terres illusoires et muettes

Cette enfance inquiétante

en toute liberté

enfance sauvage et jamais effacée

Je pars afin de bien refermer les portes

Ma mère sera là

imposant au monde

ces rires qui éclatent la douleur

Ma mère enivrée d’eau, d’air et de liberté

Ma mère assoiffée de vérité

Je refuse ces heures loin de toi

Je refuse le temps

Je ne veux surtout pas te perdre

Je retourne vers mon enfance

Les ans qui m’ont voûté ne l’ont pas fait en vain.

Je reviendrai sous peu, accorde-moi seulement

Le temps d’aller là-bas, d’observer les phénomènes, de revenir,

Pour que demain, je puisse ajouter un chapitre nouveau

A mes livres, qui vivront encore, je l’espère…

Primo Levi - A une heure incertaine

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Je boucle mes souvenirs. Je suis à Berlin.

Juillet 2010.

Les footballeurs allemands sont en demi-finale.

La ville éclate et tous ces bruits m’agressent.

Je pense à l’Europe, à ma mère.

J’aime ce taxi qui affiche le prix de la course en euros.

Les pacifistes du monde entier ont le droit d’être heureux.

Je ne sais pas me détacher de mon passé et comment me convaincre que tous ces souvenirs sont une espèce en voie de disparition ?

J’invente des nuages, des étoiles, des fleuves et je ne retrouve que des barbelés et des fours.

Plus de soixante ans ont passé mais je n’entends que des mots agressifs, des chants, des cris et des larmes.

La ville reconstruite m’attend.

Là, des tombes en granit, sans amour.

Ici, une immense synagogue qui crie son mépris.

Un cimetière, des arbres qui se souviennent, la tombe de Moses Mendelssohn…

Le poème devient vérité et je refuse d’inventer…tout est présent…tout est écrit.

Oui, ils sont là, à portée du mouvement qui bouscule mon cœur.

Regarde donc mon étoile jaune. Elle est restée sur ma poitrine depuis plus de soixante ans.

Je marche vers « la pièce déserte »…Der verlassene Raum…j’entends des coups sur la porte.

Fuir…fuir…une chaise tombe…sur la table des livres et du thé bouillant…tout est là dans ce square abandonné mais qui en dit bien plus que des discours hypocrites.

Laissons couler le temps.

N’oublions jamais.

Sur mes épaules je sens toujours le poids des nuits douloureuses, des nuits de fuite, des nuits de mort.

Mes mains sont recouvertes de cendres.

Je suis à Berlin car je dois créer des lendemains.

« La pièce déserte »…

C’est là mon dernier appel.

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Oui, je vous le dis, les « volés » ont toujours tort.  Je crois même, que de nos jours, il est plus intéressant d’être voleur que d’avoir été « volé ». Rares sont les voleurs qui passent, après un vol, plus de deux heures dans un commissariat de quartier, presque en ruine, malodorant et surchauffé, pour attendre quelques documents indispensables à nos compagnies d’assurances, qui veillent au grain.

Rares sont les voleurs qui chôment pendant les dures périodes de vacances…périodes sans serruriers, sans menuisiers, sans bricoleurs au noir, sans gardiens…j’allais même dire sans dentiste mais là je double ma hargne ! Les voleurs cassent, déplacent, salissent…tout en rigolant alors que quelques heures plus tard, les « volés » n’ont plus que leurs yeux pour pleurer et que leurs mains pour essayer de ranger. Leur mémoire doit les aider à faire le point.

Les voleurs rentrés chez eux font le tri entre ce qui pourra être bien vendu ou mal vendu ou jeté sur les trottoirs. Si les « volés » faisaient le tour de leur domicile, ils retrouveraient la vieille pendule de leur grand’mère, le blouson en cuir déchiré, les colliers en toc, les portables du siècle dernier…tout ce qui est trop vieux pour les uns mais tellement chargé de souvenirs pour les autres.

Les voleurs cassent, avec les pieds, avec un marteau, avec des « outils de voleurs », les mains gantées ou non, mais de toute façon ils laissent des traces qui font mal aux « volés » qui constatent, impuissants et malheureux.

Les « volés » seront inquiets pendant des mois. Ils le feront savoir à tous les voisins. Ils n’oseront plus rien acheter et attendront patiemment le chèque de l’assurance…qui ne tient jamais compte des sentiments de frustration.

Nous sommes en été. Les « volés » connaissent la crise et devoir changer une porte et une serrure risque de réduire le budget vacances. Les voleurs sont à l’abri du manque et tant pis si tous les « volés » ne possèdent pas une alliance en diamants ou une jolie boite en bambou remplie de billets de 50 euros.

Les « volés » n’ont pas su s’organiser, créer un syndicat de défense, des brigades de surveillance…les « volés » ont toujours tort…

Ah, le beau métier que celui de voleur…pas même référencé à l’ANPE.

C’est l’été. Les voleurs ne chôment pas. Quand donc les « volés » en auront-ils assez d’avoir tort ?