ADN et mémoire

le 27 février

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Cet homme-là a 4000 ans et c’est grâce à une poignée de cheveux que des chercheurs ont pu reconstituer son génome. Il vivait au Groenland et s’appelait Innk…Le progrès de la science nous tient à la gorge. J’aimerais tout de même bien savoir qui va partir à la recherche de mon ADN dans 4000 ans ? et cet ADN-là va-t-il avoir bien gardé en mémoire mes colères, mes amours, mes peines et mes joies, mes qualités professionnelles et ma passion pour le chocolat et ma tendresse infinie pour mes amis ? J’espère  que mon génome aura gardé l’empreinte de tout ce que j’ai écrit…discours politiques et articles de journaux, cours d’homéopathie, poèmes…et de tout ce que j’ai pu dire…même ce que je ne pensais pas !

Après tout, en quoi cet homme de 4000 ans vous intéresse-t-il ? Nos chercheurs ont dû en passer des heures et des jours pour en arriver là, et que d’argent dépensé. Pour moi, dans 4000 ans ce sera moins compliqué car mon cerveau ressemble à un disque dur dans lequel j’ai inscrit toute ma vie professionnelle et toute ma vie personnelle…une sorte de portrait Facebook pour me faire connaître du monde entier. J’y ai aussi inscrit mes colères contre ceux qui salissent nos villes, ceux qui agressent les vieilles dames, ceux qui mentent, ceux qui crachent, ceux qui battent leurs femmes, leurs chiens et leurs enfants, ceux qui créent des publicités qui donnent la nausée, ceux qui ne savent plus ce qu’est le civisme…

J’aimerais bien que l’on me retrouve dans 4OOO ans…au moins je n’aurais pas perdu mon temps.

Mouron chante Brel

le 20 février

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Encore un miracle Internet…une publicité sur mon écran… « Mouron chante Brel »…Mouron, dont j’ai soigné le caniche noir arthrosique pendant des années. Je lui écris. Elle répond, dit sa joie et, hier au soir je me retrouve dans une petite salle du Théâtre de Ménilmontant…et, dans le noir, je laisse couler mes larmes et affluer des flots de souvenirs. Car les chansons de Brel sont des drames qui nous forcent à regarder le monde en face.

Mouron chante. Elle raconte les quinze ans de cet homme tellement présent aujourd’hui.

Chaque chanson accroche le passé des plus vieux mais révèle la révolte des plus jeunes…et le choix de Mouron est le meilleur possible.

Mouron est généreuse car c’est bien à nous, son public, qu’elle offre ces chansons qui semblent avoir été écrites pour elle.

Mouron, doucement, tendrement, efface les années d’absence…là, sur cette petite scène, accompagnée par Terry Truck, un pianiste de très grand talent. Mouron qui nous offre un Brel…presque plus Brel que Brel…une soirée magique.

Il faut la découvrir.

http://myspace.com/mouron

Aimez la poésie…

le 16 février

Oui, il faut aimer la poésie parce que les poètes sont les artisans du rêve. Ils parlent des couchers de soleil, des vagues irritées, des feuilles qui organisent l’automne, des silences de l’amour, du sourire des caresses, de la vie qui joue avec la mort…Pour un poète tout est possible !

Apprenez à aimer la poésie qui organise, parfois désorganise, les mots mais qui, toujours, respecte leur musique.

Un poème peut séduire votre oreille mais, souvent, il s’accroche à votre regard, à vos cheveux, à votre peau…à votre âme qu’il rassure.

Pour Plick, ma chatte tant aimée, je lisais des poèmes à haute voix et je sentais vibrer son poil épais…et je devinais son bonheur.

Nous sommes au début du 21ème siècle. Qui s’intéresse encore à la poésie et aux poètes ? Les grands éditeurs ? Les médias ? Les journaux ?…Les poètes, qui ont besoin d’être lus et aimés, publient à compte d’auteur…ce qui n’est pas vraiment vexant quand on sait que Nicolas Bouvier a publié ainsi son « Usage du monde ».

J’ai écrit mes premiers poèmes à quinze ans et je continue et je ne m’en lasse pas. Je lis ceux des autres parce que nous devons rompre l’isolement. Un recueil de poèmes n’a rien à voir avec un roman dont on parle sur les murs du métro ! Mais n’oubliez pas que c’est souvent un cri du cœur.

Retrouvez les grands, Baudelaire, Hugo, Yeats, Musset…mais apprenez à aimer les autres, les déracinés, ceux qui n’ont que les mots pour construire votre  bonheur.

« Il n’y a pas de plus grande récompense, pour un poète,

que d’écrire un poème ».

Dylan Thomas

Un petit ruisseau surveille la maison du haut…

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Notre futur en feu…

le 13 février



Eve Pélerins expose ses dernières photos sur les murs de l’Espace Saint-Martin.

Eve dit que la beauté du monde la fascine, alors, elle nous confie son monde intérieur…là, où sans aucune seconde de repos, tout brûle, se crispe, s’agite, tremble, éclate, mugit, pleure…Mais son monde intérieur dégage un tel magnétisme que nous sommes comme tétanisés devant chaque photographie.

Eve dit aimer la Réalité…mais elle en fait tout ce qu’elle veut. Des rouges, des bleus, des noirs…là sur chaque toile avec la précision d’une chorégraphie classique. J’ai dit « toile »…pardonnez-moi, mais les formes et les couleurs sont tellement imbriquées qu’on ne peut que penser à un tableau. Là, est le vrai pouvoir de l’artiste.

Eve nous oblige à voyager. Notre œil s’apprivoise doucement aux couleurs et au feu qui se projette des formes en mouvement. Le corps a le temps de suivre l’impérieux mouvement de chaque composition…là, il danse, là, il s’envole…mais à chaque instant, il nait puis renait et s’adapte à la musique et au temps.

Je connais Eve Pélerins depuis bien longtemps. Nous partageons l’amour des chiens, de la poésie, des arcs-en-ciel, de la musique, des infinis…Nous nous sommes retrouvées et nous avons décidé d’apprivoiser le temps.

Allez voir son exposition. Ne vous privez pas d’un grand moment de bonheur.

Eve est une femme du Futur…un futur en feu, mais qui nous offre la Lumière et ouvre des « mondes nouveaux ».

Eve Pélerins   http://www.evepelerins.com

« à mondes ouverts »

Espace Saint-Martin – 199bis rue Saint-Martin – 75003 – Paris

Du 2 Février au 3 Mars 2010

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Sur cette gravure du 18éme,  je crois bien qu’ils sont tous là…au travail…

Sophie Chauveau affirme que c’est Diderot qui lit!

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Après les « Années bohème » le tome 2 du Diderot de Sophie Chauveau nous installe, avec efficacité et respect, parmi ces « Encyclopédistes » qui vont enfin retrouver la place qu’ils méritent, dans ce début de 21ème siècle, ô combien scientifique.

Je ne m’intéresse plus guère aux programmes de nos futurs bacheliers, mais ce que je sais, c’est qu’il y a plus de cinquante ans,  nous parlions pendant des heures de ces « écrivains » qui avaient apporté au monde « Les Lumières », mais aussi la compréhension de l’homme dans sa totalité et la compréhension de tout ce qui l’entourait…

L’écologie, vous le constatez, ne date pas d’aujourd’hui !

Il faut que je vous dise combien j’aime ce tome 2 (n’oubliez de regarder la 1ère page…ce livre est aussi pour moi) et combien j’ai partagé la passion de Sophie Chauveau pour ce génie débraillé qu’a été Diderot. Débraillé ? certes, mais tellement exigeant, passionné, fouineur, s’intéressant à la vie, à la nature, à l’artisanat, aux hommes et aux animaux mais aussi à la cuisine et à la musique…En refermant ce livre j’ai imaginé notre Diderot devant un ordinateur, parfaitement heureux !

Attention, les Encyclopédistes sont des hommes du 18ème siècle, des humanistes au seul service de la Vérité et non des molécules figées comme le sont, trop souvent, nos chercheurs du 21ème, tellement satisfaits d’eux-mêmes.

J’ai tellement envie que nous connaissiez ce Diderot-là. J’ai tellement envie que vous l’aimiez et envie que vous acceptiez de le conseiller à vos proches et à vos  enfants.

On ne rencontre pas tous les jours un homme qui parle vrai, qui ne se passionne que pour la vie, la sienne comme celle des autres, un homme qui est aussi grand philosophe qu’écrivain exceptionnel…un homme qu’on aimerait prendre par la main et installer à notre table pour partager ce nous avons de meilleur.

Sophie CHAUVEAU

Diderot – Le génie débraillé

2ème époque – les encyclopédistes  - Editions Télémaque – 21E.

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Une libraire – Maïté – offre à son amie – Jacqueline, boulimique de lecture - un livre magnifique avec lequel on peut partir sur une île déserte.

Oui  un  livre pas comme les autres, qui efface le temps, les problèmes, l’âge qui désorganise, la déprime…et qui précise que tout peut basculer.

C’est aussi un livre qui apprend à respecter le silence tout en restant un vrai roman d’amour. Mankell parle des erreurs professionnelles qui détruisent les vies, de la solitude accompagnée d’un irrésistible besoin de caresses, des animaux et des objets qui ont une âme, de la paternité et des mensonges…Un livre ? Non ! un exploit, une leçon de vie, un combat contre le passé, une attente de l’avenir…

La mort est présente sur cette île du bout du monde, mais elle redoute, à tout instant, cet optimisme qui s’organise. Lentement vous sortez de l’ombre et vous apprenez à nager en eaux profondes.

« Les chaussures italiennes » c’est le livre dont on veut parler et qu’on a envie de faire lire.

Quand vais-je le relire ? Je le regarde…je le sais presque par cœur…un livre qui tel un poème se prolonge dans le temps.

A mettre impérativement entre toutes les mains.

Henning Mankell

“Les chaussures italiennes” - Le Seuil


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Vous êtes tellement nombreux à me reprocher ce silence de plus d’un mois. C’est comme si les mots m’échappaient, comme si mon stylo me tombait des mains, comme si le monde s’était refermé, comme si je ne savais plus me glisser hors de mon terrier.

Et pourtant il y a la neige et l’hiver que n’en finit pas, la déprime qui grignote nos sourires, les séismes qui tuent des innocents, les bourdes gouvernementales, les grèves qui gênent ceux qui respectent encore leur travail, les tombes juives qu’on martyrisent pour la deuxième fois, les émissions de télévision toujours aussi débiles, les rues de Paris de plus en plus sales…alors comment vous expliquer mon silence malgré toutes ces révoltes ?

Internet, c’est l’accès au monde entier mais il est bien difficile d’écarter des problèmes personnels. Comment oublier la maladie de ceux que l’on aime ? Comment regarder avec indifférence les dégâts de la vieillesse ? Comment accepter de ne rien comprendre à un matériel nouveau ? Comment gérer avec le sourire les déprimes, les artères qui se bouchent, les cœurs qui flanchent, les poumons privés d’oxygène, le manque ou l’excès d’appétit, les douleurs du dos ou de l’estomac, le dollar qui baisse et le pain qui augmente…J’en oublie, mais qu’importe !

Je ne baisse pas la tête mais j’essaie de comprendre. J’aime bien mes lecteurs…ceux qui commentent comme ceux qui ne disent rien mais dont j’entends les silences.

Oui, le silence peut être une bonne façon de s’exprimer…encore faut-il accepter de l’écouter.