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Un Juif a besoin de respecter les traditions, aussi, après des années d’indifférence je me rends à la synagogue, j’écoute les prières et je jeûne.
Ma grand’mère, après les années de terreur, a refusé toute pratique religieuse et quand je chantais en yiddish ses larmes étaient pour moi comme une prière. A sa mort, j’ai retrouvé ma judéité…pratiquant un peu à Pâques, à Kippour…sauf quand j’étais à l’autre bout du monde.
En octobre 2001, juste une année après le départ de ma mère, j’ai posé mes mains sur le Mur des Lamentations. J’ai prié, j’ai pleuré mais j’ai parlé avec Dieu et je lui ai expliqué pourquoi je l’avais abandonné. Mais un Juif ne peut oublier la tradition et ceux qui me connaissent savent combien je respecte mes origines…celles de tous mes disparus. Le devoir de mémoire est ma raison de vivre.
Kippour est comme le sommet de notre spiritualité et c’est ce jour-là que nous pouvons penser à nos proches. Etre Juif n’est pas facile mais chacun d’entre nous souhaite la Paix dans le monde. Que notre shofar résonne partout sur la Terre.
5770…une année nouvelle s’organise. Demain nous deviendrons meilleurs. 
 

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Annemarie Schwarzenbach, née à Zurich en 1908 et morte accidentellement à Sils, en 1942 est une femme d’aujourd’hui, une femme dont le combat est celui de la Vérité.
Dominique-Laure Miermont, sa meilleure traductrice, a créé l’ “Association des Amis d’Annemarie Schwarzenbach” et ainsi, en 2008, nous avons fêté les 100 ans de sa naissance, lu et relu son oeuvre, compris son courage dans ce monde abject qui a laissé s’organiser le nazisme.
Annemarie était une grande voyageuse, une excellente journaliste mais aussi une vraie photographe et un écrivain que nous ne pouvons pas ignorer. Elle ne laisse personne indifférent, car elle parle de tout avec courage, de son homosexualité ou de sa haine pour Hitler et pour ceux qui le soutiennent. Elle préfère le combat à l’argent de ses parents. Elle sait protéger ses amis. C’est en lisant Ella Maillart que je l’ai rencontrée pour la première fois. J’ai bousculé tous mes amis libraires pour qu’ils me procurent ses livres. La biographie de Dominique-Laure Miermont a achevé de me convaincre et je cherche à convaincre tous ceux qui me font confiance. Aussi, vous devez lire la conférence de Nicole Le Bris :”Distance et proximité chez Annemarie Schwarzenbach”…50 pages qui disent tout, mais qui nous aident à mieux comprendre et à mieux aimer cette  femme d’aujourd’hui qui nous a quittes à tout juste 42 ans. Annemarie timide, isolée, qui déteste être seule, qui trop souvent garde le silence mais qui interpelle notre indifférence…Distante? certes, mais ô combien présente…là, à proximité de l’inaccessible. Je pense souvent à ce visage d’ange, à sa recherche d’une sorte de paradis perdu, à son angoisse de l’avenir, à son amour sans limite des animaux. Oui, Annemarie savait aimer, donner, partager, tout comprendre…pourquoi n’a-t-elle pas su s’attarder?

www.annemarieschwarzenbach.eu

http://dlaure.miermont.free.fr

A lire impérativement : tous les livres d’Annemarie
Nicole Le Bris : “Distance et proximité chez Annemarie Schwarzenbach” disponible sur le site.
Klaus Mann : “Contre la barbarie” Editions Phébus - traduction D.L Miermont

Le lait de la honte…

le 20 septembre

lait

Depuis l’âge de cinq ans je sais traire les vaches, nettoyer la mamelle et les trayons et surveiller l’utilisation du lait. Ce merveilleux liquide blanc, on le buvait, encore tiède mais on le tranformait en beurre, en crème, en fromage. On en rajoutait dans la soupe des cochons et tous les chats venaient lècher leur assiette, un petit sourire au coin des babines. Ce lait, nous le respections car il était un élément de survie.
Les années ont passé. Quand j’ai retrouvé les vaches du Cantal, la traite manuelle était en train de céder la place à la traite électrique, mais le lait était toujours respecté…ce même lait qui, aujourd’hui, vaut moins qu’une vieille pièce de un franc. Les coopératives et les industries laitières savent à peine qu’il faut encore des vaches et des agriculteurs pour que le lait continue à exister. Et je pense que nos fonctionnaires, vertueux mais totalement incompétents et qui ont informatisé nos besoins, ont oublié que le lait est indispensable à la vie…mais qu’il faut des vaches pour le produire et des hommes pour les surveiller et les nourrir. Le pis est soumis, chaque jour, au lent mouvement des hormones et de la circulation sanguine. Le lait doit être tiré. C’est un aliment noble capable de lutter contre la faim et la maladie…Je connais bien les paysans. Je comprends leur colère et je la partage…mais je refuse que l’on le détruise, qu’on le jette, alors que tant  d’enfants ont besoin de manger.
Les vaches doivent donner leur lait. Nos techniciens vont-ils leur demander de fabriquer du lait en poudre ou des briques en carton? Oui, la production passe avant la qualité et les larmes  que je vois couler sur les joues des paysans en colère, devraient nous faire comprendre que l’industrialisation ne résoud pas tout.
Toutes les vaches se ressemblent et je pense qu’elles sont très heureuses de nous donner ce qu’elles ont de mieux…et ce depuis des siècles. Il ne faut pas qu’elles apprennent que leur lait est devenu “le lait de la honte”. Que tous ceux qui nous gouvernent aillent dans les champs, parlent avec les vaches, posent la main sur leur pis chaud et gonflé de lait…et comprennent que là est la Vie.

 

 

Bisous 3

le 10 septembre

Elles vivent en Corse…les bisous sont indispensables à leur croissance et au bonheur de leurs maîtres…et moi, j’attends d’en recevoir!

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Bisous 2

le 10 septembre

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Et eux, comment pourraient-ils se passer de bisous?

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La grippe nous guette…et tout prouve que les bisous sont les facteurs contaminants les plus dangereux! Elle est partout…sur terre et peut-être dans les airs. Je n’ose pas pas parler du fond des mers car je ne sais pas si les virus supportent le noir.
Combien de mois va durer cette alerte? Pourrez-vous vivre un an sans bisous? Moi, non! Il faut que je vous avoue que j’aime passionnément les bisous…ceux des animaux surtout. Un coup de langue donné par une vache, c’est un vrai bonheur. Et déposer le bout de son nez sur le groin d’un cochon, c’est aussi un vrai bonheur…Il faut dire que, en 40 ans de carrière, et pendant toute une enfance dans une ferme, j’en ai donné et j’en ai reçu des bisous. J’ai toujours préféré ceux des animaux à ceux qui ont une odeur d’ail des fermières ou à ceux qui ont une odeur de vieille nicotine des fermiers. Quant aux bisous qui laissent des traces de rouge, je préfère m’en passer.
Mais les bisous j’aime…les vrais bisous, tendres et câlins, et je ne suis pas certaine de pouvoir m’en passer. Il faut que nos scientifiques comprennent ce besoin. Il faut que les Pouvoirs Publics créent des lieux protégés…Il y a des bisous pour rien qui font la vie… Bonjour! bisou!…Le boulot? t’es content?…bisou! Je suis triste…je me sens bien! bisou!…
Des bisous? c’est bon d’en recevoir et tellement bon d’en donner…Les bisous, c’est un pas vers l’Amour. Vous dîtes que c’est risque en période de grippe? Alors, il faudra nous apprendre à touner la tête et à ignorer notre voisin…Mais les animaux s’en fichent…ils vont ignorer les consignes et nous apporter tout ce potentiel de tendresse dont nous avons bien besoin…Je refuse que l’on me prive de bisous!

 

fin
 

 

Oui, Paris presque vide…c’est fini. Ils sont rentrès…pour reprendre leurs activités, pour retrouver leur envie de grogner, pour ignorer les autres…Je crois bien que tous les pigeons parisiens pensent comme moi.
Heureusement le soleil s’éclate, et nous gardons  sourire et  chemisiers colorés. Les vacanciers, on les voit :une peau plus foncée, on les entend, on les sent… l’huile solaire de moyenne qualité et on devine leur besoin retrouvé, de bousculer, de gêner comme s’ils étaient collés au sol…ce même sol que nous avons foulé, silencieux, pendant des heures…Oui, ils sont dans le métro, dans les bus, dans les files de taxis, dans les grands et dans les petits magasins, et même sur mon marché du samedi matin.
Au pied des arbres, il me semble que les mégots sont plus nombreux. Le Boulevard Saint-Germain est intoxiqué par des milliers de voitures et le premier étage du Flore ressemble à une volière…Oui, ils sont rentrès et ils vont s’intéresser aux manifs des uns ou des autres. Les P.V ornent les pare-brises des oublieux de la loi. Des affiches idiotes nous confirment que le Sida est dangereux…je ne suis pas certaine que mon cher teckel aurait aimé se voir transformé en préservatif! Et comme ils sont rentrès, on reparle de la crise, des méfaits de la grippe A,B,C,D,E…des virus plus dangereux que l’alphabet!
Donc, nous sommes le 2 septembre et je vous confirme qu’ils sont rentrés…que j’aime de plus en plus Bach et Ravel,..et mes petis cafés…et mon ordinateur…et les quelques livres d’hier ou d’aujourd’hui…et ma solitude du mois d’août. Dans 11 mois, ils vont repartir et je pourrai tout oublier…sauf Paris et mes amis.