voyager

“Ce qui fait le prix du voyage, c’est la peur. C’est qu’à un certain moment, si loin de notre pays, de notre langue (un journal français devient d’un prix inestimable…et ces heures du soir, dans les cafés, où l’on cherche à toucher du coude d’autres hommes…) une vague peur nous saisit et un désir instinctif de regagner l’abri des vieilles habitudes. C’est le plus clair apport du voyage. A ce moment-là, nous sommes fébriles mais poreux. Le moindre choc nous ébranle jusqu’au fond de l’être.
Qu’une cascade de lumière se rencontre, l’éternité est là. C’est pourquoi il ne faut pas dire qu’on voyage pour son plaisir. Il n’y a pas de plaisir à voyager.. J’y verrais plutôt une ascèse. C’est pour sa culture qu’on voyage, si l’on entend par culture, l’exercice de notre sens le plus intime, qui est celui de l’éternité”.

Ce texte est extrait du Journal de Camus et m’a été envoyé par Sophie Chauveau dont le voyage au 18ème siècle semble prendre fin…
Je suis à Paris. Trop de Parisiens, trop de touristes, trop de bruit…un temps capricieux mais je lis, j’écoute Bach, Schutz…et je pense à vous tous!