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Dimanche 5 juillet, 16H34, 12 rue de Ponthieu, 75008 - Paris…mais emplacement “LIVRAISON”…Les Parisiens ont fui la capitale et sa pollution…pourtant les agents de la Préfecture de Police veillent et punissent ceux qui ont choisi d’honorer de leur présence les cafés du coin…ceux qui respectent les feux et les limitations de vitesse…mais qui se garent au hasard oubliant que le dimanche il y a beaucoup de livraisons!
Il est 16H34, les boutiques sont fermées, les cafés sont presque vides…c’est la crise et qui veut bien encore payer un petit café plus de 4 Euros? Alors, une amende de 35 Euros c’est tout de même rageant pour un dimanché d’été!
Qui est responsable? Le Grand Trésorier de l’Etat qui a besoin de notre argent pour combler les trous de toute nature? Le Ministre de l’Intérieur qui ne veut payer ses ouailles à ne rien faire? Le Maire de Paris qui aime tant nous voir pédaler (oubliant que les vélibs ne sont pas faits pour les vieux, arthrosiques ou cardiaques)…Je ne veux pas savoir…mais ce que je sais c’est que je fais partie de ces imbéciles qui payent. Mon chèque de 35 Euros est prêt. Je crois bien que je vais ajouter, dans l’enveloppe, une copie de ce billet de mauvaise humeur.
L’imbécile que je suis et qui paye est aussi un électeur. Je n’ai plus l’âge de défiler entre la Bastille et la République pour dire mon mécontentement, mais j’ai l’âge d’aimer ce pays, ce qu’on y construit, ce qu’on y pense…
Non! je n’ai pas l’âge d’être verbalisée un dimanche après-midi pour un motif idiot et incompréhensible. Le respect exige la réciprocité et je commence à en avoir assez de n’être pas, chaque jour, respectée et entendue…Qu’on se le dise!

 


dscn2380

Attente

Voici le temps des éclairs sans tonnerre,
Voici le temps des voix non entendues,
Temps de sommeils inquiets, de veilles vaines.
Compagne, n’oublie pas les jours
Des faciles et longs silences,
Des rues nocturnes et amies,
Des réflexions sereines,
Avant que les feuilles ne tombent,
Avant que le ciel ne se referme,
Avant que de nouveau ne nous réveillent,
Par trop connus, devant nos portes,
Les pas ferrés et martelants.

Aujourd’hui le ciel reste bleu et le vent agite mes souvenirs. Le 2 janvier 1949…Primo Levi écrit ce poème. La clarté, pour lui, se veut conquête. Le 11 avril 1987, il choisit la mort et depuis plusieurs jours, je pense à lui. Y avait-il dans ses yeux autant de larmes que sur les pétales de cette fleur?