silence
Non, je n’étais ni sur Mars, ni au centre de la Terre…ni même au Brésil pour y enseigner l’Ostéopathie…Pendant ces 20 jours de silence - que beaucoup m’ont reproché - je boudais! Oui, pendant tout ce temps j’ai boudé cet hiver qui n’en finit pas, les journalistes qui ne montrent que les pancartes injuriant notre Président, l’équipe de France de rugby effondrée devant des Anglais hilares, l’exposition Picasso trop fréquentée, un Werther sans âme à l’Opéra, un nouveau département devenu français pour profiter de tous les avantages…et je continue à bouder la bêtise, les informations qui désinforment, la police parisienne qui se nourrit de contraventions et les étoiles du printemps perdues dans un ciel trop gris…
Mais pendant ces 20 jours, il y a eu de grands moments que j’aurais pu partager… Questoff aux Champs-Elysées, G.E Clancier, un jeune poète de 95 ans, lisant ses poèmes à Régine Detambel et à Danièle Corre, “Proust” une troisième fois, “Adam ressuscité”, un film israélien à passer en boucle dans la cellule de Le Pen et de tous ces négationnistes morveux…20 jours pour souhaiter un “Bon anniversaire” à Nicolas, à Valérie, à Antonia.
20 jours pour écouter Cristina Branco…des fados qui vous disent l’amour et la tristesse…
Diderot se plaignait de l’insuffisance des mots à dire les nuances des sensations et émotions…mais, je n’ai que des mots à vous offrir et j’espère qu’ils vous permettront d’oublier ce long silence…de 20 jours…
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Les ordinateurs sont certes indispensables…mais quand on y change quelque chose…rien ne va plus!
Je cherche, non pas “à garder” mais à “retrouver” mon calme…
Puisse ce bouddha m’apporter son aide.

“Ceux qui ne dormaient pas”

“Mettre au monde une oeuvre, c’est chaque fois mourir un peu”.

       L’oeuvre

“Puissants de la terre, maîtres en nouveaux poisons,
Tristes gardiens secrets du tonnerre définitif,
Les fléaux du ciel amplement nous suffisent.
Avant que d’appuyer du doigt, arrêtez-vous, réfléchissez.

        L’enfant de Pompéï

  “A une heure incertaine”
  Primo Levi
  Arcades Gallimard

En 1957, quand le livre de Jacqueline Mesnil-Amar, est paru aux Editions de Minuit, il a échappé à la vigilance de ma mère qui tenait à lire tous ceux qui avaient le courage de s’exprimer. Nadine Nimier, en m’offrant cette nouvelle édition Stock, ouvre ma mémoire.
Hier, il y avait ceux qui avaient peur de raconter. Aujourd’hui, il y a ceux qui contestent…
les ”négationnistes”. Les uns, sont des professeurs d’université…les autres, des hommes d’église…et j’oublie tous ceux, qui détournent la tête, quand on leur montre les cadavres décharnés,  agonisant sur les cendres de leurs proches.
Ma mère n’est plus, mais elle m’a demandé de ne jamais oublier et de parler jusqu’à mon dernier souffle.
Ce livre-là qui dit l’angoisse, l’espoir, la peur, l’envie de vivre, l’amour…doit être mis entre toutes les mains. J’en parlerai à ces jeunes de 3ème, de 2de et de 1ère auxquels je raconte aujourd’hui ma Shoah et comment nous avons survécu.
Je suis Juive…je le dis car j’exige que l’on respecte mon identité…tout comme l’auteur de ce livre.
“Ceux qui ne dormaient pas” doivent être présents dans notre mémoire.