A jamais immobile…
le 30 novembre
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| A jamais immobile…Joë Bousquet nous a montré combien il savait se consacrer aux autres et combien le langage lui était indispensable. Son oeuvre est difficile, mais elle mérite toute notre attention. Maïté m’envoie l’un de ses poèmes et je retrouve cet écrivain tant aimé…Blessé pendant la guerre de 1914-1918, il haïssait la violence mais aimait tant la vie. Ecoutez-le : “Mais se connaître est une opération difficile, presque impossible. Notre vie est tournée vers le dehors. Nous connaissons, hélas! et cette façon de connaître nous aveugle. Elle est rassurante, nous immunise contre le vertige qui nous saisirait si nous nous regardions nous-mêmes. Nous connaissons la bonté, le courage, la charité, nous mimons assez bien ces sentiments : mais nous connaître à leur sujet c’est en sentir en nous le défaut, et il n’y a pas de plus douloureuse expérience parce qu’elle inaugure l’explosion du néant à qui nous donnons asile, nous tous, plus morts intérieurement que la mort dont nous avons fait un simulacre à la mesure de l’homme, - y projetant le froid noir qui est dans notre coeur. Nous nous réfugions dans l’image de l’homme. Nous préférons croire que c’est d’elle que nous tenons la vie. Elle ne nous peint que notre peur.” |
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