Le Totem du Loup

“Ils sont comme le loup, l’animal ancestral des Huns.
Nous savons que dans la mythologie des Tujue mongols, leur ancêtre divin était un loup…un loup énorme au pelage gris et à la crinière sombre, sorti de la lumière”.
René Grousset  

“Les cavaliers mongols partis à la conquête du monde avaient appris des loups à communiquer…” mais qui cherche encore à écouter l’autre? qui écoute les loups?
Nous appartenons à des nations civilisées mais indifférentes…qui s’agitent autour des guerres, des maladies, de la faim, des mines, des dictatures, de la destruction de la nature.
Oui, je vous le dis : “ce livre-là est essentiel”. Il n’a rien à voir avec la rentrée littéraire et il pèse…566 pages! Pour s’en imprégner, il faut se terrer dans un vrai silence…un thé macha et quelques amandes grillées à portée de main…et lire…lire…
Caressez la couverture car avec le temps, elle devient aussi douce que la fourrure d’un loup. Chaque page est une sorte de voyage dont on ne sait si on reviendra.
Ce livre n’a rien d’un grand reportage. Ce n’est pas un voyage iniatique ni un roman philosophique. Ce n’est pas non plus la critique d’un régime politique. C’est l’enseignement de Bilig, un vieux pasteur mongol, qui veut nous apprendre à comprendre et à respecter la Nature. Pendant des heures, j’ai vécu comme les loups de Mongolie… isolée, attentive, silencieuse, prête à l’attaque…mais ivre de Liberté.
Merci Nathalie de m’avoir offert ce livre. Les hurlements peuvent rompre le silence…mais ils affirment l’amitié.

Jiang Rong
“Le Totem du Loup” - Bourin ed. - 566 pages - 25E. 


Rentrée littéraire Jean de La Fontaine
“Le Chameau et les bâtons flottants”
Livre IV - Fable 10

Le premier qui vit un chameau
       S’enfuit à cet objet nouveau;
Le second approcha; le troisième osa faire
       Un licou pour le dromadaire.
L’accoutumance ainsi nous rend tout familier :
Ce qui nous paraissait terrible et singulier
       S’apprivoise avec notre vue
       Quand ce vient à la continue.
Et puisque nous voici tombés sur ce sujet,
       On avait mis des gens au guet,
Qui voyant sur les eaux de loin certain objet,
       Ne purent s’empêcher de dire
       Que c’était un puissant navire.
Quelques moments après, l’objet devint brûlot,
       Et puis nacelle, et puis ballot,
       Enfin bâtons flottants sur l’onde.      

J’en sais beaucoup de par le monde
       A qui ceci conviendrait bien :
De loin, c’est quelque chose; et de près, ce n’est rien.

Lisez à haute voix…réfléchissez longtemps et achetez ce CD… 
La Fontaine lu par Jean-Laurent Cochet…
probablement le meilleur de la rentrée 2008…


“Puisse la musique abattre les frontières”
C’est ce qu’a souhaité Daniel Baremboïm, hier au soir, à la Salle Pleyel, après plus de 15 minutes d’applaudissements.
En 2009, le “West-Eastern Divan Orchestra” fêtera son 10ème anniversaire. Où? En Palestine, en Egypte, en Israël, en Syrie, au Liban? Qu’importe…il faudra une ville silencieuse dans laquelle ne circuleront plus les tanks et dans laquelle, on croisera des soldats les bras chargés de fleurs.
Monsieur Baremboïm comme je voudrais assister à ce miracle. Comme je voudrais faire confiance à ceux qui nous gouvernent. Comme je voudrais qu’au même instant des millions de bougies s’allument partout dans le monde - chrétien, musulman, juif - célébrant enfin la Paix et l’ Amour.
Merci pour ce concert parisien. Merci à vous, à tous vos musiciens, mais merci aussi à Waltaud Meier, à Simon O’Neill et à René Pape qui ont réinventé le premier acte de la Walkyrie.
Merci pour ces larmes que je n’ai voulu contenir.
Je n’ai pas le pouvoir d’influencer le Jury qui nomme les prix Nobel de la Paix…mais, ce que je peux vous dire, Monsieur Baremboïm, c’est que dans mon coeur, vous êtes bien le meilleur lauréat.

J.O 2008
Je ne m’en vante guère…mais je fête chaque médaille française. Quand j’avais 20 ans, il me semblait plus simple d’imaginer un voyage dans la Lune que des J.O en Chine.
A gauche - je devrais dire à l’extrême gauche - nous estimions que la Révolution Culturelle était l’avenir des hommes! Nous nous sommes trompés mais les Chinois, eux aussi ont compris et je crois que ces J.O seront leur vraie Révolution. J’imagine même que beaucoup de contestataires pensent qu’ils ne sont pas morts pour rien.
Je dis “Merci” à tous nos médaillés, à tous ceux qui ont représenté la France, tant avec des larmes qu’avec des rires. Bravo pour les spécialistes du VTT, pour les lutteurs, pour l’équipe de hand-ball…Bravo à tous ceux que j’oublie…
Juste, un petit mot en plus pour Madame Jeannie Longo dont l’immense courage devrait stimuler tous ces Français râleurs, boudeurs, querelleurs, jamais contents…tous critiques de haut niveau! Jeannie, vous vous êtes tellement bien battue…alors je vous offre ma “médaille d’or” et je vous couvre de fleurs.
Oui, les J.O 2008, c’est fini. Les Chinois ont fait un travail exceptionnel et les politiques auront bien le temps de régler leurs comptes. Oublions tous ces amateurs protestataires
qu’on devrait envoyer casser des cailloux dans le désert africain. Quatre années nous séparent de Londres. De nouveaux jeunes vont s’imposer. Ils seront les messagers de la Paix, de l’Amitié, de l’indulgence, de la compréhension…mais n’est-ce pas ce que l’on appelle la “mission du sport”?

“L”usage du monde”
Les livres de Nicolas Bouvier - tous les livres - sont des talismans pour ceux qui estiment que le monde n’a pas de frontière et que tout mérite d’être vu.
Cet homme-là s’est intéressé à tout : les voyages, la littérature, la photographie, la poésie, la musique…C’est un nomade mais aussi un humaniste dont le 20ème siècle doit être fier.
Il faut lire la biographie de François Laut. Il aime l’homme dont il parle et on devine combien leur rencontre l’a marqué, combien il a compris l’état dépressif de ce combattant déçu par le milieu de l’édition.
“L’usage du monde” célèbre l’amitié. “Le poisson-scorpion” est une oeuvre intemporelle qui frappe l’âme et le coeur…une sorte de diamant qui sait éclairer la solitude.
Je relis, très régulièrement, Nicolas Bouvier. Ses espoirs, sa sagesse, ses sourires, son humour…sont autant d’ombre et de lumière qui m’apportent le calme.

La dernière douane Depuis que le silence
n’est plus le père de la musique
depuis que la parole a fini d’avouer
qu’elle ne nous conduit qu’au silence
les gouttières pleurent
il fait noir et il pleut

Dans l’oubli des noms et des souvenirs
il reste quelque chose à dire
entre cette pluie et Celle qu’on attend
entre le sarcasme et le testament
entre les trois coups de l’horloge
et les deux battements du sang

Mais par où commencer
depuis que le midi du pré
refuse de dire pourquoi
nous ne comprenons la simplicité
que quand le coeur s’est brisé


un clone? pourquoi pas?
Une riche américaine a récupéré, en Corée du Sud, les cinq clones de son regretté pitbull. Ces clones ont été reproduits à partir de tissus congelés d’oreille.
Ils sont nés le 28 juillet de deux mères porteuses et dans les locaux d’une société de clonage canin qui fonctionne depuis 2005 : la RNL Bio, qui n’a demandé que 50000 dollars à l’heureuse “maman”…car il s’agit d’une toute première!
Je ne sais pas qui va prendre la décision de commander mon clone mais je pense, que cette société coréenne sera très honorée de travailler sur une vétérinaire à la retraite…qui est connue un peu partout.
Je ne sais pas quelle partie de mon organisme conviendra : mon oreille droite tellement habituée à Wagner et aux bruits des coeurs de chiens? mes genoux déjà un peu usés? quelques doigts de ma main droite qui ont alignés tant de mots? pourquoi pas quelques cellules de mon cerveau qui continue de s’agiter?
J’ignore la date de mon départ…mais je pense que vous serez ravis de savoir d’un clone c’est une vraie présence. Oui,un clone, c’est tout de même plus vivant qu’un poème, une carte postale, l’enregistrement d’une conférence, une photo…
Contactez donc Monsieur Ra Jeong-Chan, le Président de RNL Bio. On dit qu’il songe même à cloner des chameaux pour de riches clients du Moyen-Orient. Alors, pourquoi pas moi?

Fance Franck.

le 13 août


Fance Franck
Ce vendredi 8 août, face aux vitraux de l’Eglise américaine, nous avons accompagné la céramiste Fance Franck à sa dernière demeure.
Cette femme-là, que j’ai rencontré il y a plus de trente ans avec son teckel, possédait la Lumière… Oui, elle rayonnait.
Autour de la table de Fina Gomes, qui l’avait fait connaître au Venezuela, Fance parlait de tout…elle aimait la musique, la peinture, les livres, les animaux, les voyages…Elle a même réussi à me faire comprendre, qu’une toute petite céramique pouvait permettre de diffuser à travers le monde l’amour du beau, de la lumière…la compréhension du pouvoir des formes et de leur poésie.
Les souvenirs se bousculent dans ma mémoire, mais je revois son teckel, qui courait partout, respectant les merveilles fragiles qui encombraient l’atelier de la rue Bonaparte.
Mon amie Micheline Holtzer m’a offert cette petite céramique qui a trouvé sa place près de moi et avec laquelle, j’ouvre parfois le carnet des amitiés d’antan…Fina, Isabel Tinoco, Agnès Racine, Olga Stens…et aujourd’hui, j’y retrouve la puissance des mains de Fance.

“Plus rares sont les roses”
Mahmoud Darwich nous a quittés. C’était un grand poète et je partage la peine des Palestiniens.
C’est en juin 1997 qu’il m’a écrit cette dédicace sur son dernier recueil de poèmes…des Roses et la Paix…Oui, Mahmoud nous partagerons le miel et le pain et nous nous promènerons encore la main dans la main.

“Ils dorment au-delà de l’horizon rétréci,
sur le versant où la parole s’est pétrifiée.
Ils dorment dans une pierre modelée avec les ossements de leur phénix…
Nous avons le coeur qu’il faut
pour atteindre bientôt la fête de leurs objets.
Nous avons le coeur qu’il faut
pour soulever l’espace qui permet aux pigeons de retourner
Au commencement de la Terre.
O vous qui dormez aux confins de la terre en nous,
paix sur vous…paix.

“dans “Plus rares sont les roses” Les Editions de Minuit

Merci Lulu…

le 10 août


Merci Lulu

Ode au chien

Le chien me demande
mais je ne réponds pas.
Il saute, court dans le champ et me pose
mille questions sans parler
ses yeux
sont deux questions humides
deux flammes liquides qui interrogent
mais je ne réponds pas
parce que je ne sais pas…

Pablo Neruda

Tu sais Lulu, en 28 ans j’en ai connu des chiens…mais ton nom reste gravé dans le cimetière de ma mémoire. Il faut dire que tu vivais avec des maîtres qui me sont proches, Danièle et Dominique. Je pense souvent à notre première rencontre, à ton poil noir et hirsute, à tes yeux si brillants…J’ai soulagé tes bobos, petits et grands…et une extraordinaire amitié s’est construite.
Nous nous voyions trop peu…qu’importe…l’amitié est là, solide et tendre…et c’est bien à toi que nous la devons.
Tu es partie il y a tout juste un an…nous avons beaucoup pleuré. Aujourd’hui, je pense à toi et je sais que ce billet, grâce à la magie d’Internet, te retrouvera au Paradis des chiens. Et dis à tous ces chiens que j’ai connus qu’ils m’ont aidée à aimer mon métier,  et que bien souvent je leur parle d’amour…
 


“la Compagnie des livres” - un rêve partagé
J’ai passé deux heures dans la librairie de Nathalie Claudel à Vernon. Il y a une vingtaine d’années, dans mon cabinet, rue Rennequin, Nathalie est venue me présenter son Barry qui avait des tas de problèmes. J’ai apprécié cette grande fille qui aimait les animaux, la nature, mais aussi les livres.
Il y a cinq ans, renonçant à une belle situation dans l’informatique…elle a acheté une minuscule librairie à Vernon dans l’Eure…15m2…9000 livres…et il y a quelques mois, elle a traversé la rue et ouvert ce magnifique espace.
A gauche, les livres d’enfants et les polars. Au fond, les livres d’art et tout ce qui intéresse les animaux et tout particulièrement les chevaux. A droite les romans, les poches, la philosophie, la politique…et au milieu, le choix de la libraire…Oui! le rêve de Nathalie est là, parfaitement réalisé et je l’ai partagé pendant plus de deux heures.
En plus,le sourire de Nathalie réchauffe le coeur.
Vernon? c’est une charmante petite ville à moins de 100km de Paris et qui vaut le détour. Un bon moyen de ne pas rouler trop vite…de visiter une région exceptionnelle, et de rencontrer une VRAIE libraire qui saura vous conseiller…

“La Compagnie des Livres”
76 rue d’Albufera - 27200- Vernon
02 32 51 27 33
lacompagniedeslivres2@wanadoo.fr
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