Lie-tseu - philosophe taoïste

 

“ON NE PEUT RIEN FAIRE, ON NE PEUT RIEN EXPLIQUER.”

Yu Hiong dit en s’entretenant avec le roi Wen : “A ce qui est long en soi, on ne peut rien ajouter. A ce qui est court en soi, on ne peut rien retrancher. Cela échappe à tout calcul.”
Lao Tan s’entretenait avec Kouan Yin : “La haine du ciel, qui en connaît la raison?”

Cela signifie que ce n’est pas la peine de réfléchir sur la volonté du ciel et de conjoncturer sur le bonheur et le malheur.

Photo Jean-Jacques Cagnart - Kyoto


40 ans d’amitié
Mai 1968…Mai 2008…nous allons fêter avec Ghislaine Binès nos 40 ans d’amitié…
40 ans de vie…une vie qui rassemble tant de souvenirs :

- notre immeuble flambant neuf dans un quartier qui avait été celui de mon enfance;
- votre mariage avec Lucien dont le père avait été un ami du mien;
- l’achat de Suky, votre première chienne…dans une région couverte de neige…Quelques mois plus tard, elle deviendra la meilleure amie de Jibus, mon teckel tant aimé;
- nos soirées devant votre machine à écrire…vous étiez ma secrétaire secrète, celle qui m’a permis de signer tant de contrats…Lucien sortait nos chiens, vos doigts couraient sur le clavier, je retrouvais quelques forces en buvant du whisky
- en 1973, je m’installe rue Rennequin…vous aimez mon métier et pendant 28 ans vous serez toujours présente à mes côtés…même pour dévorer des tonnes de chocolat.
- en 2002, vous m’aidez à acheter mon premier ordinateur. Vous passez des heures à me montrer la magie de l’Informatique.
- vous découvrez le monde des Enluminures, les Icônes et le Moyen-Age et vous me présentez vos amis…qui deviennent les miens.Pendant 40 ans, nous avons partagé nos joies, nos succès mais aussi nos peines…toutes nos peines…Le 28 mai, dans un lieu que nous aimons, nous allons regrouper nos amis, les vôtres, les miens (les absents seront présents dans nos pensées) et c’est merveilleux.

Nous avons su la faire vivre, cette amitié…et nous avons su bâtir une belle aventure”.

Taslima Nasreen My Bengale

My Bengal has ceased to exist,
My Bengal has now eroded,
Her body has rusted away.
The east and the west are mixed up.
Today she’s a confounded mess.

The fanatics brandish their sceptre,
While cowards walk out with bowed heads.
Surely this age belongs to headless demons,
Courage and honesty being banished.
Bengal is in the clutch of intriguing rulers,
My Bengal abounds with flatterers;
The rest of the populace comprise :
The self-centered, inert and rubbish.

I weep over my Bengal to exhaust my tears.
May one day her soil be fertile,
May true humans sprout on her soil,
May the ill-fated Bengal habitable for humans.


La Salle Pleyel?…un souvenir douloureux…
En octobre 1927, au 252 rue du Faubourg Saint-Honoré,on a ouvert les portes de la Salle Pleyel…un lieu mythique promis à la musique et à la danse.
Je ne me souviens plus très bien quand j’y suis entrée pour la première fois. Je devais avoir tout juste 20 ans et j’ai entendu la 9ème Symphonie de Beethoven.
La musique était partout, sur les murs, sur le plafond, dans nos coeurs.
Longtemps j’ai pris ce chemin pour admirer cette immense bâtisse. Je savais que tous les étages étaient occupés par des cours de danse, de chant, de piano mais je ne savais pas que j’écouterais là des dizaines de concerts et de récitals aux côtés de mon amie Magda Tagliaferro.
Je ne savais pas qu’un jour, Hélène Sadovska m’accepterait dans son cours de danse classique, qu’elle me permettrait de gérer mon corps et mon mental. Mais je ne savais surtout pas que tout ce lieu magique serait envoyé à la casse…pour être reconstruit et ressembler à une sorte d’arène lunaire…Tout y est froid, sans magie, sans confort, sans âme…on en a chassé le passé artistique…on en a chassé tous ceux qui faisaient vivre la danse et la musique…mais on a osé garder le nom…Comme il est important le pouvoir de l’argent.
Il faut continuer d’aller applaudir tous ces artistes que nous aimons…mais quand les lumières s’éteignent pensons à tous ceux qui avaient pour mission de protéger l’Art dans un lieu inscrit dans notre mémoire…la Salle Pleyel garde le poids du souvenir.

Retrouvons nos amis bouquinistes…
Oui, je sais que pour commander des livres qu’on ne trouve plus nulle part…il y a Internet!
Mais il y a aussi tous nos amis bouquinistes, ceux des quais de la Seine, ceux du Marché Georges Brassens et tous ceux de province.
C’est en me promenant dans une ruelle toulousaine que j’ai trouvé un livre numéroté de la collection Seghers des “Poètes d’Aujourd’hui” consacré à Fernando Pessoa…un livre que je cherchais depuis des années.
Pour ceux qui vont traverser la Bretagne, arrêtez-vous à Bécherel, une vraie cité du livre.. un miracle pour trouver ce que l’on ne cherche pas!
Apprenez à regarder, à fouiller, à feuilleter…Laissez-vous tenter. Lisez Emmanuel Roblès dont je vous ai parlé. Je viens de passer des heures merveilleuses avec “Les couteaux” et avec “Le Vésuve”…qui n’ont pas pris une ride.
J’ai relu “L’épreuve des hommes blancs” de Pierre Boulle, plus connu pour “Le Pont de la Rivière Kwaï” ou “La Planète des Singes” qui adaptés au cinéma lui ont donné la célébrité, mais pour si peu de temps. Pierre Boulle, qui ne figure dans aucun programme, fut le pionnier de la science-fiction française. Il est l’auteur français le plus traduit dans le monde et pourtant il est presque oublié.
Faîtes-vous plaisir…et pensez à la musette pleine de livres qui doit vous accompagner en vacances.

Terres noires, terres blanches
Quand un tel ordre est donné par Maïté…je n’hésite jamais! J’achète et je garde bien en vue, à portée de main, pour commencer le plus vite possible.
1992…un pays si grand, si loin mais dont les passions sont identiques aux nôtres. L’histoire s’installe dès les premières pages. William, qui va avoir neuf ans, perd son père dans l’incendie d’un champ de blé. Sa mère, qui vit sous anti-dépresseurs, demande à un parent lointain, de les héberger…un roman noir? peut-être, mais surtout un récit hallucinant qui nous conte l’histoire des aborigènes, un passé fait de violences et hanté par des ombres terrifiantes.
J’ai aimé cette atmosphère sombre, presque fantastique et cette confrontation constante entre passé et présent. J’ai aimé tous ces personnages  qui font partie intégrante de cette histoire qui ressemble tellement à notre présent.
“Terres noires, terres blanches” mérite de vous accompagner en vacances. C’est un récit d’aujourd’hui…qui vous brûle les tripes.chez “Actes Sud” - 392 pages - 23E.

Annemarie Schwarzenbach - Claude Bourdet

“Difficile est le début de la souffrance,
et invisible
aux mortels, une voie argentée,un rayon, se nourrissant aux ténèbres. Les larmes
ne le baignent pas,
les prières s’envolent. Seule la rosée céleste monte jusqu’à lui et le transfigure.”

Par “nous”, il faut entendre tous les lecteurs d’Annemarie Schwarzenbach, tous ceux qui guettent un nouvel ouvrage, un nouvel article, une nouvelle biographie, une émission, un film…En 2004, mon amie Maïté m’a apporté dès sa parution :”Annemarie Schwarzenbach ou le mal d’Europe” de Dominique Laure Miermont. Je n’avais pas de blog pour le faire savoir…mais il n’est pas trop tard car un tel livre reste d’actualité d’autant plus que le 23 mai nous fêterons le centenaire de la naissance à Zurich, de cette ”voyageuse” pas comme les autres.
Qui m’a dit, il y a quelques années, que je devrais aimer la personnalité troublante et attachante d’Annemarie et apprécier son engagement politique?
J’ai acheté tout ce que j’ai trouvé…fouillant même chez mes amis bouquinistes. J’ai écrit aux Editions Payot pour leur dire que c’était le moment de faire reconnaître cet écrivain d’aujourd’hui. Mais lire cette correspondance avec Claude Bourdet devenait indispensable. Quand on écrit à quelqu’un que l’on aime, on est vraiment soi-même et Annemarie a besoin de se confier, de crier son mépris et sa peur du nazisme. Elle sait que Hitler prépare la destruction de l’Europe et le massacre des Juifs…Claude Bourdet comprend mais il est encore impuissant. Ce sont ces lettres-là qu’il faut lire dans nos écoles.
“Les Quarante Colonnes du Souvenir”, publiées simultanément, nous ramènent en Perse,
dans des régions silencieuses, repliées sur elle-même mais qui offrent à cette jeune femme un amour qui devrait combler son dénuement physique et moral.
Dominique Laure Miermont m’accepte dans son association et j’en suis très fière…J’espère bien lui être utile.www.annemarieschwarzenbach.eu

Birmanie - Nargis

Combien y-aura-t-il de morts? 50.000, 100.000? Plus? Ces morts-là sont les damnés de la Birmanie, disons plutôt qu’ils sont les oubliés, les méprisés des fascistes militaires qui gouvernent ce pays depuis tant d’années.
Il n’y a là que des pauvres qui vivent dans des “maisons” qu’un coup de poing abat… alors imaginez ce qu’a pu faire Nargis dont la vitesse était parfois supérieure à 200km/h.
Des hommes, des femmes et des enfants gisent dans la boue. Là, maintenant alors que j’écris ce billet, certains agonisent. Je vois ces cadavres d’animaux qui pourrissent et contaminent tout et je vois ces militaires joufflus qui repoussent l’aide humanitaire… et j’ai honte. Nargis, pourquoi avoir épargné les casernes et les résidences des grands chefs?
Les gouvernants ne refusent pas les bons dollars qui les ont maintenus au pouvoir mais ils ne veulent que l’on voit ce qui se passe chez eux. N’est-ce pas plus grave encore que le non-respect des Droits de l’Homme?…Tous ceux qui se sont agités pour la flamme olympique devraient déjà être sur place…comme ils devraient conseiller aux touristes de choisir une autre destination que ce pays qu’aurait aimé Hitler.
N’ouvrez pas votre chéquier, ouvrez ce coin ce votre cerveau qui gère la Colère…et si vous savez encore prier…alors allez-y!
L’âme de tous ces Birmans a certainement besoin qu’on la protège et chacun sait que les dictateurs n’aiment pas que l’on parle de Spiritualité.


1er mai - muguet

pour tous ceux que j’aime…pour tous mes lecteurs…pour vous donner un petit goût de bonheur…J’ai quelques jours de retard mais les fleuristes étaient dévalisés…