Senghor

Nous savons communiquer avec le monde entier, mais organiser un dîner littéraire semble très compliqué…Mon amie Frédérique Bisch aime la littérature comme elle aime la bonne cuisine. Aussi, le samedi 12 avril à partir de 20h. commencera son premier rendez-vous littéraire et gastronomique.
Pour la littérature, c’est Sarah Lazarevic et moi-même qui vous parlerons de Léopold Sedar Senghor…surtout du poète et un peu de l’homme politique. Nous vous lirons quelques poèmes et Sarah vous présentera le livre de Max-Yves Brandily réalisé pour le centenaire de la naissance de ce merveilleux écrivain sénégalais.
Pour la gastronomie, Frédérique fait confiance au chef du “Clocher Pereire”…et vous ne serez pas déçu…
Je crois qu’il est important de partager nos connaissances dans tous les domaines…A ce jour nous ne sommes pas assez nombreux pour maintenir la soirée…Que seraient devenus nos écrivains du 18ème siècle s’il n’y avait pas eu de salons littéraires? Alors, inscrivez-vous…et rendez-vous le 12 avril dès 20h.

Frédérique Bisch
cfbisch@club-internet.fr
“Le Clocher Péreire”
42 bd. Pereire - 75017- Paris -
40 euros par personne

 

Vivre caché…

le 29 mars


vivre caché…

 

Vivre caché…et si possible, tout oublier…
- les messages qui ne passent pas
- la pluie qui s’obstine à tomber
- les moines tibétains qui se font tabasser
- les soldats américains qui meurent pour nous sauver de l’intégrisme
- les belles voitures anglaises qui disparaissent
- les hôpitaux parisiens qui oublient le respect des malades et dont les services d’urgence ressemblent à des campings de mauvaise qualité
- le refus de respecter ceux qui veulent mourir dans la dignité
- les gamins qui se battent au couteau
- les librairies inondées par les mauvais livres
- les supermarchés qui vendent des viandes dangereuses

…et j’en oublie…pardonnez-moi et si besoin est dans un commentaire, ajoutez votre avis…  

 


Informatique

 

Sans commentaire…J’ai eu quelques problèmes avec mon ordinateur et j’ai craqué…
J’ai donc une nouvelle tour…toute noire et silencieuse…toute chargée de mes documents,  de mes photos et de mes images…Tout ce qui est dans ma tête et que je conserve dans mon disque dur…
L’Informatique c’est une affaire de copains…et je dois dire que tous et toutes ont répondu “Présent”! Merci Norbert, Vincent, Edouard, Magali, Ghislaine, Hugo…et à vous tous qui avez accepté mon silence de quelques jours…C’est reparti… 


Natasha de Betak

Samedi 15 mars, au Cinéma Arlequin qui héberge le Festival du Court-métrage, j’ai vu le film de Natasha de Betak : “Speaking tree”. Un film? un documentaire? un court-métrage? Je n’y connais rien et je ne sais même pas si nous pourrons revoir ce travail exceprionnel. Ce dont je suis certaine c’est que j’ai très envie, non seulement de le revoir, mais de le montrer à mes amis.
Je reste sous le charme de l’histoire, sous le charme des images et sous le charme du regard de Deva. Cet homme, devenu fou, vit attaché à un arbre depuis 10 ans!
“Speaking tree”…qui parle? l’homme, l’arbre, la mère qui a choisi cette solution pour mieux le surveiller, sa femme rongée de remords qui s’est enfuie à plus de 300km.?
Les images cognent encore dans ma tête et je sens sur mon bras les ongles rongés de Deva…car ce fou-là existe et je ne pourrai pas l’oublier. Natasha nous demande de pas être indifférents. 

La Reine Morte

Après 90 minutes de magie, les applaudissements se déchaînent et s’accrochent au rideau et au regard heureux des interprètes.
Ferrante, le Roi du Portugal aime les lucioles et la Vérité…celle que lui impose le Pouvoir, celle que lui impose le mépris de ses proches…celle que lui impose la Mort qui rôde.
Jean-Laurent Cochet regarde les lumières qui s’agitent autour de lui, qui le maintiennent en vie. Il se transforme et transforme tous ceux qui l’entourent. Nous ne sommes plus des spectateurs mais des sujets et le temps n’a plus d’importance.
Il m’a fallu plusieurs minutes pour comprendre qu’il ne me restait plus que des lucioles.
D’autres vous diront, mieux que moi, combien cette pièce de Montherlant est d’actualité et combien Jean-Laurent Cochet respecte l’humour et l’histoire tragique.
Ce que je vous conseille, c’est de retenir vos places au Théâtre 14 Jean-Marie Serreau. On peut se garer et on peut prendre le tramway jusqu’à la station Didot.
J’entends encore les applaudissements et surtout je vois des lucioles partout…Merci Jean-Laurent…avec toi, tout est toujours si lumineux.

www.jeanlaurentcochet.com

 

Un trio gagnant…

le 14 mars

Littérature

 

“Leur Histoire” - Dominique Mainard - Joëlle Losfeld Ed.

Une histoire difficile, presque inquiétante mais qui ressemble à un bouquet de printemps aux multiples couleurs…et qui sent tellement bon.
Un style poétique…mais léger et souple, lumineux et vivrant…avec des mots qu’on se plait à prononcer à haute voix.

“Profondeurs” - Henning Mankell - Le Seuil

348 pages qui n’autorisent aucun repos. La tempête guette et nous avons la fièvre. Nous vibrons sous le choc des découvertes amoureuses qui sont le feu et la glace…le sel et la pierre.
Qu’importent cette mer sournoise et agressive, ces personnages à la dérive, le bruit des canons de la Grande Guerre, les vagues capricieuses, la Baltique sourde et indifférente… Nous sommes dans les Profondeurs de l’âme humaine…la nôtre peut-être…

“Rêve d’Amour” - Laurence Tardieu - Stock Ed.

Qui se résoud à l’absence d’une mère et qui peut se lancer dans la vie, privé de cet amour? Le livre de Laurence Tardieu ne répond pas à ces questions mais il permet de comprendre comment s’organisent les souvenirs, les émotions…comment il est possible de sortir de l’enfermement et du silence. Les relations avec son père donnent à ce livre une sorte de mélancolie qui très vite se transforme en désarroi. Laurence Tardieu écrit juste et c’est à regret que nous la quittons.

un petit plus…

le 9 mars

Voutch

“Chaque coup de colère est un coup de vieux, chaque sourire est un coup de jeune.”

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Ainsi, s’exprime Richard Wagner quand il écrit les premières mesures de Parsifal et qu’il prend conscience de la cruauté humaine. Ce personnage sera l’image décalée de son propre destin. Tous les wagnériens aiment cet Opéra et nombreux sont ceux qui se font une joie de le retrouver.
Je ne connais pas Krzystof Warlikowski. Il est venu saluer, tel un pantin triste qui n’avait pas eu le temps de s’habiller. J’ai crié ma honte et ma colère comme tout le public. Comment ce metteur en scène a-t-il eu l’autorisation de travailler sur une oeuvre que Wagner considérait comme son testament philosophique? Comment ridiculiser ainsi les différents personnages?
On dit que cet homme est un grand Européen, un bon élève qui a été l’assistant de Peter Brook, un passionné de littérature et tout particulièrement de Shakespeare…mais de là à lui confier Parsifal…NON! Cet Opéra se suffit à lui-même, alors pourquoi ajouter des photos d’un film de Rossellini ou des dessins animés grotesques? Où sont passés l’Amour, la Foi, l’Espérance? La musique, l’Orchestre et les interprètes nous ont permis, à chaque instant, d’écarter toutes les élucubrations intellectuelles de ce grand malade.
Je vous rappelle Monsieur Warlikowski que Parsifal a été élevé dans une forêt et qu’il ne mérite pas de découvrir l’amour dans un bordel début du 20ème siècle…enfin il  mérite mieux que ces dessous en pilou dont vous l’affublez.
Pourquoi cette sainte Lance en bois pourri? Pourquoi cette boîte en plastique pour protéger le Graal? Votre travail est désespérant…j’ai essayé d’oublier ma déception en regardant ce DVD merveilleux…J’espère que vous entendrez longtemps les cris de colère du public parisien!

 

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Les massacres du Rwanda sont inscrits dans notre mémoire mais en refermant le livre de Gilbert Gatore le silence s’impose. C’est un peu comme si, pendant un long moment, nous devions reprendre notre souffle.
“Le Passé devant soi” unit les destins de deux personnages, Isaro et Niko, qui refusent l’oubli mais qui refusent aussi l’odeur de pourriture des souvenirs…des souvenirs auxquels on demande de ciseler l’avenir. Gilbert Gatore est-il un sauveur d’âmes? Il faut dire que l’ on se sent tellement proches de lui.
Qu’importe, si Isaro qui a choisi la France et Nico qui se terre au fond d’une grotte, sont des victimes rwandaises. L’auteur nous demande d’interprêter, nous-mêmes, les cris déchirants des uns ou les chuchotements tendres des autres.
Ce livre est un chef d’oeuvre, une longue prière philosophique qui refuse l’usure du passé.
Achetez-le. Regardez-le longtemps avant de l’ouvrir puis faîtes le vide dans votre esprit car vous n’avez pas affaire à un roman mais à une sorte d’autopsie de la mémoire…vous comprendrez les bourreaux et les victimes…Oui, il est possible de survivre à de telles épreuves. 

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5 Mars 1953…

le 5 mars

Staline
Le monde entier est en deuil et des millions de gens défilent devant celui, qu’aujourd’hui, nous pouvons appeler l’Icone du Mal. Cette photo c’est la Place Rouge et le Kremlin…il fait un temps glacial mais ils sont tous là.
Joseph Staline s’est éteint ce 5 mars 1953 à 21h50 près de Moscou.
On se souvient du vainqueur de Stalingrad et de sa lutte acharnée contre le nazisme…mais il faudra de nombreuses années pour que s’abattent les tabous et que l’on découvre ce qu’a été le Petit Père des Peuples…Les Russes aiment l’autorité, mais cet homme a trahi les Communistes du monde entier. Combien ont été assassinés?
A Paris, deux millions de personnes se sont réfugiées près du Vel d’Hiv, pour écouter la cérémonie organisée par le P.C. On entend des discours, des poèmes, et même la seconde partie du Messie de Handel…Qu’ont-ils pensé tous ceux-là, quand quelques années plus tard, la vérité a éclaté? J’en connais qui sont morts de chagrin.
J’entends que dans la forêt sud-américaine des combattants se disent “marxistes”. N’est-ce pas au nom de ce même marxisme qu’on doit à Staline des millions de morts? Et ce sont ces hommes-là qui retiennent en otages des gens dont les convictions les gênent.
Faisons-leur comprendre qu’ils défendent une mauvaise cause. Le 5 mars 1953, Staline est mort…un Russe, un hypocrite, un assassin…il regarde en souriant les Portes de l’Enfer…le Diable l’attend.