Christoph Ransmayr

Je n’ai pas vraiment lu le magistral “poème épique” de Christoph Ransmayr, je l’ai savouré, page après page…un peu comme j’aime savourer une tablette de chocolat… Il faut aussi que vous sachiez que c’est un “coup de coeur” de mon amie Maïté.
Je n’aime pas les montagnes, surtout en hiver, quand elles se cachent sous la neige. J’ai besoin d’espace et je redoute l’angoisse d’être enfermée. Pourtant, j’ai vécu une grande aventure avec ces deux frères fascinés par des ancestrales croyances tibétaines. Ils partent à la recherche de la “Montagne volante” qui doit leur permettre de trouver la sérénité et le rêve.
A chaque page, nous perdons un peu plus notre identité et nous nous retrouvons, gelés mais transformés, au pied de cette Montagne volante…qui n’existe sur aucune carte… mais qui seule peut combler notre besoin de Vérité.
Chacun trouve dans le livre de Christoph Ransmayr ce qu’il veut : un peu de religion, un peu de politique, un peu d’amour, un peu de nostalgie, un peu de tragédie, un peu d’amitié…et en plus vous vous perdez dans des paysages d’une beauté insensée.
Attention, l’auteur utilise une typographie versifiée que j’aime…Peut-être parce qu’il souhaite que son roman soit considéré comme un mythe, une quête initiatique…
Ce livre vous attend…vous allez peut-être vivre une aventure mystique et ainsi, oublier tout ce qui se passe autour de vous…

 

 


Anne-Sophie Mutter

 

Le Concerto pour violon et orchestre (op.61) de Beethoven a accompagné une grande partie de ma vie. Je l’ai découvert à 15 ans avec la sonate à Kreutzer…plus de 50 ans de vie commune.
Anne-Sophie Mutter (oubliez les critiques malveillantes de Renaud Machart), Seiji Ozawa et le Berliner Phiharmoniker ont fait éclater le plafond de Pleyel…toutes les étoiles du ciel étaient là, au-dessus de nous, et leur éclat n’avait rien à envier à notre bonheur. Car c’est vraîment un bonheur qui a su réchauffer nos coeurs.
J’ai même oublié le centenaire de Karajan, sa collaboration avec le Berliner Philharmoniker et sa découverte de celle que l’on appelle la “star du violon”.
Oui, j’ai pensé à Beethoven, à la création de l’oeuvre en 1806, aux critiques qui, déjà le traînaient dans la boue, à l’émotion du public. Mendelssohn, qui le dirige à Londres en 1844,  permet à ce Concerto op.61 de trouver sa vraie place dans la musique classique.
Ce vendredi 25 janvier 2008, Anna-Sophie Mutter a montré qu’elle avait une âme en nous offrant le meilleur d’elle-même. Merci Monsieur Ozawa, merci à l’orchestre…vous nous avez ouvert les portes du ciel…   

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banc de sable Granville par Hugo Estournet hugopics.com

Si pour un moment, Dieu pouvait oublier que je suis une marionnette de chiffon et me donner en cadeau une parcelle de vie, j’en profiterais le plus possible.
Je ne dirais probablement pas tout ce que je pense, mais sûrement je penserais tout ce que je dis.
Je donnerais une valeur aux choses, non pas pour ce qu’elles représentent mais plutôt pour ce qu’elles signifient.
Je dormirais peu, je rêverais d’avantage, sachant que pour chaque minute pendant laquelle nous fermons les yeux, nous perdons soixante secondes de lumière.
Je marcherais alors que les autres s’arrêtent ; je me réveillerais quand que les autres s’endorment.
Si Dieu me faisait cadeau d’un petit peu de vie je m’habillerais simplement, je m’allongerais à plat ventre sur le sol mettant à nu non seulement mon corps mais aussi mon âme.
Aux hommes je leur montrerais combien ils se trompent en pensant qu’ils cessent d’être amoureux en vieillissant, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux.
A un enfant je lui donnerais des ailes, mais le laisserais apprendre à voler tout seul
Aux vieux je leur apprendrais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais plutôt avec l‘oubli.
J’ai tant appris de vous, les hommes…. J’ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne sans savoir que le vrai bonheur est dans la manière de l’escalader.
J’ai appris que lorsqu’un nouveau né serre pour la première fois dans sa petite main le doigt de son père il le garde attrapé pour toujours.
J’ai appris qu’un homme à seulement le droit d’en regarder en autre en bas quand il faut l’aider à se relever.
Il y a tant de chose que j’ai pu apprendre de vous ! Mais réellement peu me serviront parce que quand elles seront rangées dans cette valise malheureusement je serais en train de mourir.
Dis toujours ce que tu ressens et fais ce que tu penses.
Si je savais qu’aujourd’hui c’est la dernière fois que je te vois t’endormir je te serrerais fort dans mes bras et je prierais le Seigneur d’être le gardien de ton âme.
Si je savais que se sont les dernières minutes que je te vois je te dirais “je t’aime”, et j’ignorerais, honteusement, que tu le sais déjà.
Il y a toujours un lendemain et la vie nous offre une autre opportunité de faire des choses bien, mais si je me trompe et que ce jour ci est le seul qui nous reste, j’aimerais te dire combien je t’aime et que je ne t’oublierai jamais.
Le lendemain est assuré pour personne jeune ou vieux. Aujourd’hui c’est peut être la dernière fois que tu vois ceux que tu aimes. N’attends donc pas d’avantage, agis aujourd’hui parce que demain arrivera peut être jamais et que sûrement tu regretteras peut être le jour où tu n’as pas pris le temps d’un sourire, d’une étreinte, d’un baiser et où tu as été trop occupé pour leur adresser un ultime souhait.
Garde auprès de toi ceux que tu aimes, dis leur à l’oreille que tu as besoin d’eux, aime les et soigne les biens, prends le temps de leur dire “je te comprends”, “pardonne-moi”, “s’il te plait”, merci et tous les autres mots d’amour que tu connais.
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande au Seigneur la force et la sagesse et les exprimer.

Démontre à tes amis et êtres chers combien ils comptent pour toi.

Le banc de sable par Hugo Estournet.


Opéra Bastille

 

Personne ne sait résister aux soldes…encore des pantalons, des chemisiers, des sacs…pourquoi pas un Opéra? Cette “Femme sans ombre” c’est celle de 2002 dont je n’avais pas supporté la mise en scène de Robert Wilson…une mise en scène qui n’a pas pris une ride mais qui ne s’est pas réchauffée avec les années.
Les chanteurs, que je respecte, sont là pour passer le temps…le temps des soldes! et il nous a fallu attendre le troisième acte pour apprécier, enfin, la voix de Eva-Maria Westbrock dans le rôle de l’Impératrice. Le chef d’orchestre, qui a tout compris, a imposé aux siens un tel rythme qui, lui, au moins, a fait le bonheur du public! Je pense que le grand Richard Strauss a préféré assister à la première de Véronique au Châtelet. Le metteur en scène, Fanny Ardant, ne semble pas avoir travaillé avec M.Wilson…
En 2002, certains ont écrit que cette réalisation était le chef d’oeuvre de Robert Wilson…épurée? suggestive? d’une bouleversante efficacité? Mais ces gens-là n’ont jamais rien compris à l’opéra dans sa totalité. Pensons aux levers de rideaux d’antan (je n’ai que 70 ans!) avec des décors magiques, des lumières et des couleurs féériques, des costumes vrais…tout cela en accord parfait avec la musique et le livret. Non! cette mise en scène misérabiliste n’a rien à voir avec cet opéra humaniste, pacifiste, fraternel, illustrant les valeurs des Lumières…Un Opéra qui se voulait contre la guerre et la barbarie…un Opéra qui voulait glorifier la Civilisation.
Les personnages de Wilson sont figés, ternes, moroses…rien à voir -je le répète- avec la rencontre de l’Ombre et de la Lumière qui aurait du métamorphoser le 20ème siècle.
L’Opéra Bastille solde…mais Richard Strauss mérite bien mieux… 

 


les grèves

 

Comme vous pouvez le constater sur cette photo une compagnie aérienne vient de recruter des employés qui ne feront jamais grève…Ces deux très beaux chiens font partie du personnel naviguant. Ils sont performants, non syndiqués, parlent peu de leur retraite et sont prêts à recruter parmi leurs semblables.
Des hôtesses, des stewards sont déjà sur le terrain…on retrouve presque toutes les races et quelques animaux de petite taille vont rejoindre le personnel administratif. Il fallait y penser!
Quels seront les rapports entre le personnel à deux pattes, trop souvent en état d’émeute, et ce nouveau personnel à quatre pattes? Je l’ignore…mais personne n’est irremplaçable…et les chiens ont toujours fait leurs preuves…ceux qui cherchent la drogue, ceux qui reniflent les faux billets, ceux qui sauvent les blessés…
Organisez vos départs…c’en est bien fini des grèves…

 

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Régine Detambel

On devrait toujours aller à la rencontre des écrivains que l’on aime. Ainsi j’ai pu écouter quelques pages de l’un des derniers livres de Régine Detambel :”Notre-Dame des Sept Douleurs”, lues par Marie-Christine Barrault. Un grand moment de bonheur et croyez bien que je ne regrette pas mon voyage dans le RER en direction de Cergy-Préfecture.
J’ai découvert une Médiathèque claire et accueillante, des hôtesses souriantes, des chaises confortables et une Régine Detambel qui sait de quoi elle parle! Depuis ma lecture du “Jardin clos” en 1994, je dis à tous ceux qui veulent m’entendre que cette femme-là fait honneur à la Littérature française.
“Notre-Dame des Sept Douleurs”…est comme une étude anatomique et psychologique de l’adolescence, disons de quelques adolescents. On rit, on pleure, on grogne, on s’insurge mais, on retrouve à chaque page, la sensibilité écorchée de l’auteur, qui sait aller au coeur de l’essentiel en révêlant des choses intimes, cachées, douloureuses…
Ne sommes-nous pas parfois des adolescents mal compris?
J’ai, bien sûr, acheté le tout dernier : “Le Syndrome de Diogène : éloge des vieillesses” publié par Actes Sud et “Pandémonium” publié en 2006 chez Gallimard…je vous en parlerai.

Ecoutez Régine Detambel : “Ecrire ce n’est pas devenir écrivain…c’est devenir autre chose…l’écriture serait le don d’un trop plein de vie, d’un corps trop présent. Il se peut que l’écrivain ait une santé fragile…il n’en est pas moins une sorte de grand vivant.”www.detambel.com

 


Hugo Estournet
Autour de l’arbre immobile
l’ombre qui tourne
dessine sur le sol
le mouvement du jour.

C’est l’amorce
d’un cercle parfait
et tous les cercles se ressemblent

mais toutes les feuilles
sont différentes.
Jean Tardieu

“Conifère 2″ de Hugo Estournet


Sophie Chauveau

“Les hurlements de la prison 8 avril 1476 - Je n’ai pas peur du noir. Pas du tout. J’aime le noir. Tout naît du noir. J’ai besoin du noir pour faire la lumière.”

436 pages…presque une semaine en compagnie du livre de mon amie de toujours, Sophie Chauveau. Vinci nous charme, nous agresse, nous provoque, nous agace…mais ne nous laisse pas indifférents. Un monstre qui aujourd’hui ferait la UNE de nos médias… végétarien, homosexuel, touche à tout et qui voit toujours trop loin…mais tellement attachant car toujours vrai! Attention, Sophie Chauveau n’écrit pas une biographie. Elle a vécu des mois avec ce peintre “sulfureux” et nous raconte tout…au jour le jour…Elle ne nous demande pas de l’aimer ou de le juger…elle nous demande de le situer dans le monde de son époque. Je connais assez bien Sophie pour vous dire que, si Léonard n’avait pas été un amoureux de tous les animaux, elle ne lui aurait pas consacré une minute de sa vie.
Léonard ne sait pas passer inaperçu. Quoi qu’il fasse ou ne fasse pas…on ne remarque que lui. La surabondance est dans sa nature comme elle est dans la nature de Sophie Chauveau qui s’intéresse à tout ce qui se passe dans le monde et dans le coeur de ceux qu’elle aime.
Sophie n’a pas réhabilité un peintre. Elle permet de mieux le comprendre et d’affirmer, avec lui, que la beauté va de pair avec l’intelligence. Et cette femme-là ne pouvait donner vie qu’à un homme  ressentant à chaque instant le désir de bouger


une soirée…

pour Marie, Nicolas et les autres…

J’écris pour mon plaisir
et pourtant ce soir je ne vis que pour vous.
J’ai grande nostalgie des fêtes qui célèbrent les familles
et des larmes ou des rires qui les accompagnent.
Ce soir…vous êtes là réunis…vous que j’aime.
Je vous confie ma fougue.
Sur la Terre coulent les sources
tandis que se lèvent les fleurs.
A vous que j’aime, je redis ma joie.
La tristesse a fui mon coeur
Ma révolte s’est épuisée
Je suis avec vous pour sculpter des souvenirs
dont je parlerai aux oiseaux…
Oui, je vous aime…
A nous l’aube nouvelle et le plein du jour.

In memoriam…

le 6 janvier


Tabac

 

Photo Jacqueline Peker…
mais je ne sais pas si le mégot de cigarillo était à moi…