Alberto Manguel

 

Avec l’âge, cette réflexion d’Alberto Manguel me convient parfaitement. Cet écrivain-là vous ne devez pas l’ignorer et vous devez lire impérativement son petit dernier : “Le Livre des Eloges” aux Editions l’Escampette. De minuscules essais qui ressemblent à des gouttes de rosée sur les pétales d’une rose… Bien sûr, il est question de livres, de lecture, d’éditeurs…mais aussi de petits problèmes qui encombrent notre quotidien et dont il n’est pas toujours facile de parler…l’horreur, les animaux, l’impossible…
Pour cet homme qui a choisi sa bibliothèque avant son confort ou les mondanités de la ville, faire aimer les livres et la lecture est devenu un devoir. Et c’est le but de tous ses écrits…
Je dois avouer, que c’est un peu mon but aujourd’hui et seul Internet pouvait me  permettre de le réaliser. J’ai besoin de faire connaître ce que je viens de découvrir mais j’ai aussi besoin de parler de ce que je suis entrain de relire…Zola, Anatole France, Primo Lévi, Romain Gary…
Commencez votre année littéraire avec Manguel, avec “L’Histoire de la Lecture”…un bijou, un morceau de bonheur qui surnage dans les mers de l’égoïsme, l’expression d’un grand amour, que je partage avec lui, la LECTURE.

Le Père Noël existe…

le 25 décembre


Père Noël

 

Regardez bien ce petit sapin en bois…videz votre cerveau de tous ces problèmes qui l’agressent…souriez en admirant vos cadeaux et écoutez le Père Noël..

C’est à moi que vous devez ce froid sec et ce ciel bleu qui ont facilité vos promenades dans les boutiques illuminées.
C’est à moi que vous devez ces rencontres amoureuses qui font la UNE de vos médias.
C’est à moi que vous devez l’ouverture de Bethléem.
C’est à moi que vous devez tous ces appareils informatiques qui vous rapprochent les uns des autres.
Toute la bonne bouffe, c’est moi…tous les bons vins, c’est moi…tous les bons spectacles, c’est moi…
Bien sûr…j’aurais pu faire mieux : obtenir la libération d’Ingrid, imposer la paix en Irak et en Palestine, reloger les SDF, augmenter le pouvoir d’achat de tous ceux qui souffrent en silence, diminuer le prix de l’essence, imposer le respect des Droits de l’Homme, soulager toutes les douleurs physiques et morales des malades, apprendre aux éditeurs à aimer la poésie et la bonne littérature, faire respecter l’Homéopathie et les médecines naturelles, écouter les animaux qu’on méprise ou que l’on fait souffrir, apprendre à tous le respect de la Nature…
Oui, je sais, j’aurais pu faire mieux…mais, pour cela, il faudrait que tous me respectent…moi, le Père Noël.

Jeanne Socquet

une vingtaine de toiles…pendant quelques heures…dans des locaux parfaitement rénovés d’une banque B.N.P du 15ème arrondissement de Paris…pour la plus grande joie de tous ses amis.
Les tableaux de Jeanne Socquet restent incroyablement jeunes. J’en aime les couleurs, les formes, les mouvements, les rires…et parfois un petit soupçon de cruauté. Jeanne est un grand peintre qui sait donner la vie…même aux objets les plus inanimés. Les tableaux qui encombrent son atelier diffusent de la musique…l’Oiseau de Feu, très probablement! Jeanne n’aime guère notre siècle…comment lui faire comprendre et accepter qu’avec Internet nous pourrions faire connaître sa peinture dans le monde entier? Je ne sais pas si cette solitaire souhaite affronter l’espace interplanétaire. Pourtant, sa peinture est universelle parce que quotidienne, inclassable bien que figurative, expressive bien que douloureuse. Jeanne ne peint pas des portraits, elle peint des âmes, des sourires, des cris, des larmes, des rythmes de vie…Ses tableaux sont vivants, moqueurs, cruels…mais tellement présents et dramatiques.
Il y a quelques années Jacques Leenhardt a publié une plaquette :”Connaître la peinture de Jeanne Socquet“. Il est important de publier à nouveau ce petit ouvrage aujourd’hui épuisé mais qui parle tellement bien de son oeuvre.
En 2005, Jeanne Socquet a illustré un livre de Maud Tabachnik : “New York, balafres” - éditions Philippe Rey. Un auteur qui sait exprimer son émotion, des collages de Jeanne Socquet qui vivent au rythme de cette cité magique…un petit livre qui mérite attention. 

Wagner ressuscité…

le 21 décembre

Tannhauser

Samedi 15 décembre…le rideau se lève et je découvre la mise en scène de Robert Carsen et j’en ai le souffle coupé et je pense à Wagner.
Le chevalier chanteur Tannhäuser est un peintre, aussi des cadres, des toiles, des chevalets…envahissent la scène mais ce sont bien plus que de simples objets…ce sont ces êtres de l’au-delà, ces Dieux qui s’accrochent à la musique de Wagner pour gérer tout ce qui touche l’Ame, le Corps, le Charnel et le Spirituel, le Néant et la Création.
Je n’ai pas vu des dizaines de Tannhäuser, mais je sais que j’ai toujours besoin de Wagner, de sa musique et de sa spiritualité.
Et là, pour la première fois depuis bien longtemps, l’enchantement a été immédiat…et comme vous pouvez le constater, il résiste au temps. C’est ce que je veux faire savoir à Robert Carsen, à Monsieur Ozawa, aux chanteurs…à tous!
La longue ovation du public n’a pas résolu les problèmes du personnel…mais elle a du réchauffer le coeur de M. Mortier.


Bill James

 

Une femme assassinée…dans le parking d’une gare de la grande banlieue de Londres…
C’est Morgan, une femme infidèle, qui est là, allongée sur le sol près de sa voiture…elle a succombé à trois coups de couteau.
Colin, son mari, un flic, la trouve ainsi à 4 heures du matin…et l’enquète démarre!
Un polar? un roman d’amour? un drame psychologique ambigu avec des personnages ni bons, ni mauvais…mais toujours totalement impliqués, tous dans le même panier faisant tout ce qu’ils peuvent avec leur vie.
C’est là un vrai roman noir proche du sublime…avec des vrais personnages qui ressemblent à chacun d’entre nous.
C’est mon premier Bill James…mais certainement pas le dernier.

Bill James
“Retour après la nuit”
Rivages/Noir

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Pierre Milon

mais je ne permets pas qu’un autre me les serve…

Cher Cyrano, vos vers sont d’actualité. Notre Président de la République a invité Kadhafi. Un bien? un mal? Les uns sont choqués, les autres se réjouissent…Attendons la suite…mais j’entends ce que dit la presse anglaise et je ne le supporte pas!
D’autant plus, que j’ai pu voir un documentaire réalisé en juillet 2007, à Port-de-Bouc et racontant le calvaire des passagers de l’ Exodus. Souvenez-vous…4500 Juifs avaient acheté un bateau pour gagner la Palestine, alors occupée par les Anglais. Et ce sont ces mêmes Anglais qui les ont remis dans des camps identiques à ceux que la plupart d’entre eux avaient connus.
L’ Europe a effacé bien des souvenirs. C’est mieux mais il faut apprendre à se taire… et ce n’est tout de même pas l’ Angleterre qui doit nous donner des leçons de politique extérieure. “Silence…on vend!”. “la diplomatie française cède au mercantilisme et oublie les Droits de l’Homme…”. Allons Messieurs les journalistes anglais où étaient-ils les Droits de l’Homme en juillet 1947…quand des enfants, des femmes et des hommes meurtris réclamaient à boire sur leur bateau-enfer? Ce sont bien vos soldats qui visaient ces Juifs effrayés? Ce sont bien vos politiques qui faisaient poser des barbelés autour du bâteau?
Alors, pas de leçon…Nous avons élu notre président, nous lui faisons confiance et si toutefois, il commet quelques erreurs, nous n’aurons besoin de personne pour lui dire…
Les Français sont majeurs…qu’on se le dise!

Le dessin est de mon ami Pierre Milon.


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J’aime Philip Roth depuis ses premiers livres, avec peut-être une préférence pour “Portnoy”, pour “la Bête qui meurt”, pour “la Tache” et pour “le Complot contre l’Amérique”…mais son dernier livre m’agace et pas un seul moment, sa lecture, ne m’a donné une émotion. Roth fait l’inventaire de son corps de vieux sans comprendre que la vieillesse ne s’expose pas. Elle appartient à chacun d’entre nous et pourquoi étaler devant tous ce qui chaque jour se ternit, se gâche, se détériore…Dîtes-moi Monsieur Roth quand vous dégustez une compote, pensez-vous aux épluchures des pommes qui sont entrain de pourrir dans la poubelle? Je sais combien vous avez aimé le sexe, le vôtre et celui des autres. Portnoy nous a fait rire mais votre Homme  me fait grimacer.
Dans “la Bête qui meurt”, déjà, vous étaliez devant vos lecteurs toutes les détériorations organiques qui accompagnent la vieillesse…ces organes qui se rabougrissent, se ternissent…tels de vieux rideaux devant une fenêtre sale.
Vous êtes un très grand romancier, Monsieur Roth, et je pense que votre talent et votre humour ne vieilliront jamais. Alors qu’importent votre prostate, vos intestins, votre peau, vos genoux…Remettez-vous au travail et faîtes-nous savoir ce que vous pensez du racisme, de l’antisémitisme, des élections américaines, de la misère, du réchauffement de la planète, des guerres, des politiciens pourris…des sujets qui ne “vieillissent” jamais…je vous le garantis!

 


Anne Bocquet-Birchler
Anne est une femme exceptionnelle. Elle est l’amie de la famille Sadovska donc mon amie depuis 30 ans… mais une amie que l’on voit rarement…au cours d’un anniversaire, d’un deuil, d’un spectacle…J’ai donc appris, tout à fait par hasard, qu’elle était élève de l’Institut Catholique de Paris, pour étudier la civilisation hittique…Elle semble tout savoir de ces Hittites qui occupaient l’Asie Mineure au XXVIème siècle av. J.C.
Leur civilisation florissante perdura jusqu’au VIIème siècle av.J.C. Ils ont laissé des textes passionnants.
Mercredi 5 décembre, Anne a présenté sa thèse : “Concours sportif et autres jeux exécutés au cours des fêtes religieuses hittites”. Un travail considérable qui remplit plus de 700 pages. Un jury de cinq spécialistes lui faisait face et chacun,ou chacune,a dit ce qu’il pensait de ce travail. Je n’ai retenu que les félicitations de la présidente et après un petit quart d’heure de discussion, notre Anne est devenue Docteur en Histoire des Religions et Anthropologie Religieuse et Docteur en Philologie et Histoire des Religions de l’Orient Ancien.
Sachez que mon amie Anne n’a plus 20 ans. Elle a un mari, des enfants, une maison et des amis…et sa réussite me réjouit tellement que j’ai pensé que cela valait bien un billet!
J’espère qu’un jour vous la rencontrerez mais, en attendant, elle sera très heureuse de lire vos commentaires. BRAVO Anne…

Bravo les chiens…

le 4 décembre

Drogue

Ouatson et Orus, sont deux bergers allemands appartenant au Service des Douanes et qui viennent d’être médaillés par un représentant du Ministère de l’Intérieur.
Ils ont presque 10 ans et travaillent avec les douaniers de la Région Nord. Participant à la lutte antidrogue, on dit qu’ils sont les meilleurs “renifleurs” de ces vingt dernières années.
Ces chiens qui ne font qu’un avec leur maître, semblent parfaitement conscients de leur responsablilité. J’en ai soigné beaucoup et tous étaient tendres et calmes.
Ces deux médaillés ont déniché des tonnes de drogue…mais il faut aussi penser aux chiens d’avalanche, aux chiens d’incendie, aux chiens qui recherchent pendant des jours des enfants perdus, aux chiens qui vivent encore sur les champs de bataille. Tous ces chiens sont l’honneur des hommes…et je ne suis pas certaine que des médailles suffisent! Mais tous les médias en ont parlé…et je pense que leurs croquettes à tous avaient meilleur goût.
Bravo les chiens…

les Kurdes

 

et un enfant est un enfant et personne n’a le droit de le blesser, de l’ignorer, de le maltraiter, de le mutiler, de le tuer.
Le film du Kurde, Bahman Ghobadi, “Les Tortues volent aussi” nous agresse et nous gêne, nous les civilisés du Monde Occidental, qui préparont les fêtes de Noël et qui ne veulent rien savoir de tous ces enfants mutilés qui survivent, à quelques heures d’avion de nos foyers douillets.
C’est vrai, qu’il y a encore des gens qui ne veulent rien voir, des guerres, petites ou  grandes, et qui devant les barbelés détournent la tête. J’ai peur que les coeurs sensibles fuient ce merveilleux film qui raconte l’histoire des enfants du Kurdistan qui organisent leur vie au milieu des bombes.
L’Orient et l’Occident ne s’intéressent guère au peuple kurde. Des villages sont détruits. Des civils sont déportés, gazés sous les bombes chimiques et les enfants sont mutilés par des millions de mines. Ce film dit tout et montre tout mais il est imprégné d’un immense amour pour les enfants, tous les enfants…
Oui, ce film nous pose un cas de conscience et je ne sais pas si j’oserais montrer, à tous ces enfants,  nos vitrines lumineuses, à eux qui n’ont rien et qui souffrent dans leur chair.
Le réaliseur prouve tout son dégoût pour la guerre, toutes les guerres. Sadam vient d’être abattu…mais combien de Sadam existent encore dans le monde, dans notre monde aveugle, méprisant, égoïste?