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Mardi 20 novembre, malgré les grèves, un ciel gris, un moral agressé, des centaines de fans ont rempli le théâtre du Châtelet pour souffler les cinquante bougies de West Side Story.
“Happy birthday” Mr Robbins, votre chorégraphie reste un enchantement.
“Happy birthday” Mr Bernstein, votre musique est gravée dans notre mémoire.
“Happy birthday” à  tous, les nouveaux, les anciens et à Paul Szilard, l’imprésario qui permet à cette compagnie de traverser les murs et les montagnes.

Avant que la lumière s’éteigne, j’ai fermé les yeux et retrouvé tout autour de moi le monde de la danse de mes vingt ans. A ma gauche Jean Babilée, à ma droite Hélène Sadovska-Taras et Colette Marchand.
Le Châtelet accueille West Side Story jusqu’au 1er janvier 2008. Faites-vous plaisir! La force et le pouvoir de séduction accompagnent la troupe, l’orchestre et son chef Donald Chan. On en oublie le décor un peu désuet et une sonorisation que les techniciens ont déjà probablement améliorée.
Et puis, si vous n’avez pas envie de vous déplacer, D.G. réédite le cd dirigé en 1984 par Bernstein lui-même avec une distribution magique. Vous pouvez aussi demander au Père Noël de vous offrir le dvd.

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Shoah des balles

Patrick Desbois est un prêtre catholique qui s’est imposé une mission que peu d’entre nous auraient eu le courage de mener à bien.
Pendant des années, il a parcouru l’Ukraine afin d’identifier les lieux dans lesquels des milliers de Juifs furent massacrés par balles…massacrés un par par un…quel que soit leur âge ou leur état de santé. Il a cherché les preuves qui mettent à jamais, les génocideurs hors d’état de nuire.
Dans des milliers de fosses, creusées le matin même par les condamnés, il a retrouvé les ossements d’enfants, de nourrissons, de femmes, d’hommes qui étaient seulements des juifs. Aujourd’hui, les fosses sont recouvertes d’herbe et les vaches ukrainiennes s’y promènent, ignorant tout du passé.
Pourquoi cette recherche plus de 60 ans après alors qu’il y a des gens qui osent dire leur agacement dès que l’on parle de la Shoah? Parce qu’enfant, dans les yeux de son grand-père, déporté politique à Rawa Ruska, Patrick Desbois a lu l’horreur. Les juifs, ainsi massacrés, ne doivent pas être oubliés.
On comprend que les communautés juives l’ont aidé, tout autant que le cardinal Lustiger et tous les vieux ukrainiens qui ont rompu le silence que leur avaient imposé les soviétiques.
“Il faut comprendre le passé pour éclairer l’avenir.”
Ces meurtres de masse (n’oublions pas les tziganes, les communistes, les Italiens…) au bout du fusil, n’ont rien de commun avec la destruction industrielle pratiquée dans les camps. Les bourreaux vivaient, mangeaient, buvaient, riaient, violaient les jeunes juives…puis tuaient et s’endormaient…Je pense que la plupart d’entre eux ont disparu mais j’espère, qu’au moment de quitter notre monde, ils ont entendu notre kaddish, cette prière des morts que les morts même continuent de chanter. Merci Père Desbois. Vous leur avez donné le droit à l’Eternité.
Non, la Shoah n’est pas une légende.  

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et personne, jamais, ne pourra vous oublier…
J’ai trouvé ce poème japonais  pour vous accompagner dans votre dernière demeure.

Méditation

Une fois la porte passée, je suis assailli de nombreuses pensées.
Sur mon vêtement, souffle le vent du printemps.
Les herbes parfumées embaument les ornières.
La voie déserte va vers une éternité brumeuse.
Appuyé sur mon bâton, je regarde alentour :
La nature a revêtu son manteau de gloire.
J’entends le chant du rossignol
Et vois choir comme neige les pétales de fleur.
La voie conduit à une solitude.
Sur la porte d’un vieux temple, je compose mon poème.
Et mes pensées s’élèvent jusqu’aux nuages floconneux…
De ses ailes, une oie solitaire mesure le firmament.
Une paisible tristesse s’insinue en mon coeur
Mais, en odeur de poésie, j’oublie et le Bien et le Mal.
Déjà trente ans, je me sens vieux.
Le soleil s’attarde encore…
Satisfaite, mon âme musarde
Et, à loisir, je regarde tomber les fleurs…

Natsumé Soseki 

Sortez vos griffes…

le 22 novembre


Plick

Chats de tous les pays unissez-vous…plus de 500 de nos compagnons ont disparu dans un département français proche de la Suisse. On vous dira que c’est bien moins important que les colères du temps, que le prix du pétrole, que les grèves qui démoralisent les Français…mais il faut que l’assassinat des chats cesse…là et ailleurs…
On dit, que ce sont nos peaux qui intéressent les voleurs, des peaux qui font miracle pour soulager des vieux rhumatisants égoïstes. Il faut nous unir et, si besoin est, défiler dans les rues…comme tous les mécontents du monde. Il faut que cet infâme trafic cesse.

Ma maîtresse, Jacqueline Peker, me permet d’utiliser son blog afin que mon message couvre toute la Planète…et il y en a des amoureux de chats sur Internet…
Je suis Plick, sa chatte tant aimée de 17 ans et je sais ce que combattre veut dire…Quand j’ai appris la disparition de plus de 500 chats savoyards, mon sang n’a fait qu’un tour. Nous sommes bien au 21ème siècle et la chasse aux sorcières et aux chats noirs est abolie. La science a fait des progrès et les Médecines Naturelles savent soulager les douleurs…alors qu’on nous laisse vivre en paix dans les bras, dans les fauteuils, dans les lits de ceux qui nous aiment.
OUI…chats de tous les pays unissez-vous et sortez vos griffes…Ensemble écartons le danger.
Merci Jacqueline de m’avoir ouvert ton blog…les chats sauront écrire des commentaires.
Plick Peker

1891

Jean-Jacques Cagnart

C’est tout à fait vrai…la Photographie vient de faire son entrèe à l’ Académie des Beaux-Arts…et rien à voir avec un poisson d’avril…
C’est à Lucien Clergue que revient l’honneur de porter l’épée sur un costume revisité par le couturier Christian Lacroix.
On dit que son discours a été très émouvant…comment ne pas penser à tous ces merveilleux photographes du 20ème siècle dont les noms ne se retrouvent plus que sur Internet! “L’oeil est le prince du monde”… Cette phrase écrite sur l’épée du nouvel académicien a attiré, dit-on, bien des regards.
Comme ils doivent se réjouir les Doisneau, les Cartier-Bresson et tous les autres dont les oeuvres nous enchantent…bien plus que de mauvais tableaux ou de mauvais écrits!
On dit même que l’Académie souhaite rattraper le temps perdu.
Lucien Clergue a été l’ami de Cocteau et de Picasso. Moins médiatique que d’autres, il est l’auteur de plus de 75 livres et de 800000 photos! Comme j’aimerais que ce spécialiste de la Camargue rencontre mon ami Jean-Jacques Cagnart, ce spécialiste, bien trop silencieux, de la Mongolie, des printemps japonais, des temples bouddhistes…Aujourd’hui, il est en Patagonie et je sais qu’il reviendra avec des photos exceptionnelles…Il faut que nos yeux s’ouvrent…et je crois bien que nous avons tous besoin de magie…

C’est pour Jean-Jacques Cagnart qu’a posé cette otarie. 

Otto…c’est lui!

le 12 novembre

Otto
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Je devrais dire, enfin! Cet homme de 76 ans assiste à l’ouverture du musée qui porte son nom, à Strasbourg même, où il est né le 28 novembre 1931.
Il vit depuis 30 ans en Irlande mais c’est à cette ville de son enfance qu’il offre ses dessins, ses livres pour enfants et pour adultes, ses affiches, ses dessins érotiques…Une oeuvre que nous devons connaître.
Avec le T.G.V (sauf en période de grève), Strasbourg n’est qu’à quelques heures de Paris et je compte bien me laisser tenter.
Marqué par la guerre, Tomi Ungerer a eu un début de vie très difficile. Il part pour les Etats-Unis où il trouvera la gloire. Tous les évènements, dramatiques ou heureux, qu’il a connus, se retrouvent dans ses dessins. C’est ainsi, qu’il sait donner, aux enfants, des leçons de tolérance et de respect des autres. Lisez l’histoire de l’Ours Otto…voilà un vrai chef d’oeuvre…un ours en peluche qui raconte sa vie, drôle, émouvante, tragique…où l’on retrouve l’importance du devoir de mémoire.
Il faut connaître Tomi Ungerer…car, à mon avis, il n’aura jamais le prix Nobel…

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Un récital de piano au théâtre Louis Jouvet a quelque chose d’amical, de chaleureux…et quand le pianiste joue avec son coeur, on ne regrette pas les grandes salles parisiennes. Il faut dire que mon ami Jacques Le Calvé, responsable de Calliope, aime plus ses interprètes que la publicité tapageuse. En 2005, Pascal Amoyel est la “Révélation Soliste Instrumental” des Victoires de la Musique avec l’ Intégrale des Nocturnes de Chopin.
J’aime la musique…mais je ne sais pas toujours pourquoi. Ce que j’aime, c’est qu’en fermant les yeux, je puisse comprendre la partition et ainsi me rapprocher du compositeur. Alors, je vis des moments merveilleux avec Chopin, Listz, Scriabine…
Oui, j’ai aimé Pascal Amoyel et j’ai accepté son trac et ses angoisses…Je pense qu’il ira bien plus loin.
Merci, Jacques de m’avoir invitée. Pendant deux heures j’ai oublié le prix de l’essence, les grèves annoncées, le deshonneur tchadien, les prix littéraires qui ne correspondent à rien…et j’ai écouté une musique qui m’a donné chaud au coeur.
J’aime tous les enregistrements CALLIOPE…renseignez-vous :

www.calliope.tm.fr
BP 40433
60204 - Compiègne Cédex

4 Novembre 1956…

le 4 novembre

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 Les mauvaises langues - ou mes jeunes amis - diront que je ne m’intéresse plus qu’au passé. Il y a tout juste un an, je voulais parler de l’ Insurrection de Budapest…mais je n’étais pas encore très à l’aise avec mon blog. C’est vrai qu’en 1956 tout a basculé pour moi. J’avais tout juste 20 ans et j’avais renoncé à des études de philosophie pour préparer l’Ecole Vétérinaire…ainsi j’aurais un vrai métier! Je suis partie à Fontainebleau…les études, l’enseignement, les cabarets en fin de semaine et bien sûr la politique. J’ai suivi très attentivement les 10 jours de l’insurrection hongroise. J’ai vu s’effondrer tout ce à quoi je croyais. Oui, j’ai pleuré mais j’ai aussi crié, écrit et rejoint ceux qui dans la rue avaient le courage de dire leur honte. L’ombre de Staline était encore bien présente et à l’Est les gens avaient peur.
Fin octobre, les chars soviétiques envahissent la Hongrie. J’écris dans “l’Avant-Garde” un éditorial qui quelques années plus tard se retournera contre moi…mais je refuse de garder le silence. Le socialisme est désacralisé. Le communisme est rongé par un cancer que veulent ignorer les hommes politiques. J’ai 20 ans et je ne peux pas accepter que des soldats soviétiques ouvrent le feu et tuent plus de 2500 Hongrois qui me ressemblent. Déjà, j’affirme que le communisme nous a trompés et qu’il doit nous donner des explications. Si nous n’avions pas baissé les bras, si nous avions mis les dirigeants soviétiques au ban de l’humanité…les goulags auraient ouvert leurs portes…combien de morts nous maudissent encore.
Oui, je pense parfois, avec amertune, à mon passé politique. Heureusement que les étoiles dans le ciel ne sont jamais rouges…