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J’ai bien connu ce Paris des années 1960. Que sont devenus ces cafés dans lesquels, pendant des heures, nous refaisions le monde? Cet homme, au bar, triste car imprégné d’une enfance douloureuse, c’était peut-être Modiano. Pourquoi ne nous sommes-nous jamais rencontrés, moi qui aime tous ses livres?
Je lui ai écrit une seule fois, après la lecture de Dora Bruder. L’histoire se déroule, à Paris, dans la nuit du 14 au 15 décembre 1941. Mon grand-père attendait la mort dans une cellule du Mont Valérien et la petite Dora courait dans les rues pour ne pas être arrêtée. Je voulais savoir pourquoi il avait choisi cette date…mais ma lettre s’est perdue…
Chez Modiano ce sont surtout les non-dits qui ont de l’importance. J’aime cet homme qui sait écrire et je voudrais que tout le monde l’aime.
Si un jour je cesse d’acheter de nouveaux livres, je relirai Modiano…car je sais qu’il respectera ma solitude.
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Toutes les guerres sont absurdes, cruelles et inutiles mais ceux qui meurent doivent rester présents dans nos mémoires.
Les uns écrivent des livres, des poêmes, des chansons, les autres réalisent des films, d’autres encore peignent des tableaux ou composent des requiems. L’Art, depuis toujours, joue un grand rôle dans le devoir de mémoire. Mais trop souvent les hommes politiques oublient ou se montrent indifférents. Comment peut-on reprocher à notre Président de vouloir faire connaître la lettre de Guy Môquet? Certes des lettres de fusillés il en existe des milliers…sans parler de tous ceux qui ne sachant pas écrire ont confié leurs dernières pensées ou volonté à des gardiens.
Oui, nous devons nous souvenir…pour ceux qui sont morts mais aussi pour tous ces jeunes qui nous font confiance. J’aimerais que le 15 décembre 25011 (70 ans après) on parle des fusillés du 15 décembre 1941, au Mont Valérien. Ils étaient une centaine…des juifs, des communistes…des otages innocents! Mon grand-père est tombé la tête couverte d’un bêret, pour mourir comme un juif…mais en chantant la Marseillaise, pour mourir comme un Français. Je vous remercie, Monsieur le Président, d’avoir ranimé cette flamme qui illumine ce passé dont nous pouvons être fiers. 

Examinons mon ADN…

le 18 octobre


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Oui, je suis une enfant d’émigrés, née aux Lilas dans le 93, en juillet 1936. Tous les membres de ma famille venus de l’Est sont restés des “apatrides” n’ayant jamais pu obtenir la nationalité française.
Mon grand-père paternel est né à Kiew, en Ukraine; mon grand-père maternel est né à Varsovie. Ma grand’mère paternelle est née dans une petite ville austro-hongroise. Ma grand’mère maternelle est née dans un village juif près de Lotz en Pologne. Mon père est né dans un village roumain. Ma mère, la seule française de la famille, est née, elle aussi aux Lilas dans le 93. C’est la même sage-femme qui nous a mis au monde. Que connaissait-elle alors de l’ADN?
Tous sont arrivés à Paris vers 1910, les uns fuyant la misère et l’antisémitisme, les autres les contraintes que le Tsar voulait imposer aux Juifs.
Tous aimaient passionnément la France et se sont intégrés dans la joie. Tous ont appris le français…plus ou moins bien! Tous ont donné un métier à leurs enfants! Et tous auraient acheté leur place dans un cimetière s’il n’y avait pas eu Hitler.
Qu’auraient-ils pensé d’un test ADN? Qu’il allait prouver leurs origines et qu’ainsi, ils pourraient être considérés comme de vrais “Français”.
Il y a peut-être dans mon ADN un petit plus qui m’a été transmis par les miens. Qu’on le montre à tous ceux qui ne veulent pas savoir ce qu’est une terre d’accueil, une terre ô combien fertilisée par les larmes du respect, de la compréhension et de l’amour.
Un Musée de l’immigration…c’est bien, mais il faut savoir que pour s’installer dans un pays, il faut en accepter les règles. Ma grand’mère maternelle disait: “J’ai aimé la France…pour le meilleur et pour le pire…elle ne m’a donné que le meilleur.” Et je suis restée une enfant d’émigrés. 
 

 

Homéopathie

 Oui, j’ai jeté l’éponge…mais comment oublier 50 ans d’amour avec l’Homéopathie et comment oublier ce dernier congrès de la Fédération des Médecins Homéopathes?
Alain Sarembaud m’avait demandé d’être la Présidente. Un honneur? certes…mais aussi une grande preuve d’amitié et de compréhension.
C’est au docteur Michel Renouvin que je dois ma rencontre avec l’Homéopathie. J’avais 17 ans. Un long interrogatoire et la prescription d’Ignatia 15CH… j’ai voulu comprendre et dans la bibliothèque de l’Hôpital Saint-Jacques, j’ai rencontré le Docteur Léon Vannier qui m’a tout appris.
Je me suis intéressée à tout mais surtout à l’Homéopathie. Cette médecine a été un pari…j’ai joué…j’ai gagné…j’ai perdu…mais j’ai écit, j’ai parlé, j’ai transmis…j’ai tellement aimé!
Je ne suis pas prête d’oublier ces Entretiens d’Octobre 2007. Je ne suis pas prête d’oublier l’ovation de tous les participants, médecins et exposants, et je crois bien que le petit Carle y veillera…Carle? un chien carlin sculpté par mon amie le Docteur Jocelyne Gréco…une petite merveille en bronze qui a déjà trouvé sa place chez moi et qui saura me rappeler l’amitié de tous. J’étais très amère en démarrant le congrès…mais en fin de matinée, samedi, j’avais retrouvé le sourire.
Oui…ce n’est sûrement qu’un “au-revoir”… 

 


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C’était mon second voyage et je savais combien il me serait difficile de retrouver ce camp maudit. Au départ de Roissy, nous étions une centaine à partager l’avion pour Cracovie. Henri était très content car il y avait de nombreux jeunes venus de différents collèges de la Région parisienne. “Je vais pouvoir essayer de les aider à comprendre” m’a-t-il dit.
Une pluie glaciale nous attendait comme elle avait attendu jadis tant d’hommes, de femmes et d’enfants.
Devant la porte certains d’entre nous ont récité la Kaddish. Quelques jeunes ont rompu le silence en disant le Notre Père. Les étudiants musulmans, tête baissée et main sur le coeur, attendaient avec déjà des larmes au bord des yeux. Votre bras amical, cher Henri,m’a permis de retrouver quelques forces. Nous étions tous si bouleversés.
Nous avons regardé les barraques pourries, les latrines,les ruines des fours…les vestiges de ce camp qui restera la honte du 20ème siècle…un camp qu’il faut conserver pour ne jamais oublier.
Depuis que vous nous avez quittés, cher Henri, je pense souvent à ces quelques heures qui ont scellé notre amitié. Hier, 8 octobre, votre épouse, mon amie Colette, a organisé la messe que vous méritiez, sobre, émouvante, respectueuse, amicale…Tous ceux qui étaient présents ne pensaient qu’à vous Henri, vous, qui ne pouviez vivre que la tête haute,dans le respect de la Vérité.
Je ne sais pas si je retournerais à Auschwitcz mais ce dont je suis certaine, cher Henri, c’est que vous serez à mes côtés.
La vie

La vie est une force
qui éclate le ciel et la mer
et comme une plante sauvage s’installe entre deux pierres.

La vie est un amour
qui creuse son lit dans les nuages
qui réchauffe les mains qui s’enlacent
et donne aux fleurs l’envie de rire.

La vie est un moment de paix
que vivent ensemble les oiseaux du ciel
qui unit les vagues qui s’effondrent sur le sable
et qui rapproche tous ceux qui ont envie de chanter.

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Métro

C’est le 4 octobre 1898 que fut donné le premier coup de pioche qui devait aboutir à la construction de notre cher Métro.
2000 ouvriers travaillaient, jour et nuit, pour la Compagnie du Chemin de Fer métropolitain présidée par Edouard Empain.

Le 19 juillet 1900 la première ligne s’élance entre Maillot et Vincennes. Combien de voyageurs depuis 107 ans?
Notre métro n’est certes pas le plus beau du monde…mais quelle fiabilité!
Parfois, je pense au poinçonneur des Lilas…mais en dehors de l’informatique, je n’aime guère ce qui nous prive des contacts humains.

Alfort Dans un billet du 20 juillet, vous avez vu la photo de ma promotion Alfort 1959-1963. Nous étions 100 (5 filles !)
Respectant la tradition, nous nous sommes retrouvés tous les dix ans. Mais après avoir fêté nos 30 ans, nous avons tous estimé qu’attendre 10 ans serait trop. Aussi avons-nous fêté nos 35 ans, nos 40 ans, nos 42 ans et là pendant le week-end nos 44 ans.

En 2003, pour nos 40 ans, nous avons fait un voyage sur le Rhin. Trois jours ensemble. Ce fut extraordinaire car dans l’espace clos d’un bateau nous avons appris à mieux nous connaître et à mieux apprécier les épouses de nos copains.

En 2005, nous nous sommes retrouvés à Rocamadour.
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Cette fin Septembre nous étions dans la baie de Somme. Pas assez nombreux, certes, mais ceux qui étaient là ont apprécié la valeur de l’amitié. Car c’est bien d’amitié qu’il s’agit : un sentiment qui nous lie depuis notre rentrée à l’école d’Alfort en Octobre 59. Jamais nous n’oublions ceux qui sont partis, mais comme nous aimerions retrouver ceux qui jouent les indifférents, voire même les méprisants.
Trois jours pour découvrir la Picardie, c’est bien…mais trois jours pour comprendre qu’il est important de protéger des liens, c’est encore mieux. Tout ce que nous apporte l’extérieur nous réjouit, mais les silences nous donnent cette force de voir s’égréner le temps.

En 59 nous étions cent, combien serons-nous en Octobre 2009 ? Qu’importe. Ceux qui seront là restent ceux qui croient à l’amitié…celle qui n’a pas peur du temps qui passe.