Le Grand Silence.
le 30 juillet
Ne considérez pas ce DVD comme un simple film. C’est beaucoup plus…une retraite
de trois heures avec les prêtres de la Grande Chartreuse, une longue prise
de conscience, un véritable moment de bonheur qui vous force presque à fermer les
yeux. Que font ces hommes dans cette abbaye de 11ème siècle? Ils sont une vingtaine
et presque tous semblent avoir dépassé la cinquantaine. J’aimerais vous dire qu’ils prient
pour nous, pour ce monde enflammé par la haine, et pour tous ceux qui restent indifférents
à la mort, à la maladie, à la douleur, à la faim, à la solitude…Les prières de ces hommes
silencieux méritent d’être entendues par tous…et plus encore par ceux qui nous dirigent.
Ils s’adressent à Dieu…le vôtre? le mien? qu’importe…
Ces trois heures de grand silence m’ont bouleversée et je me suis rapprochée de ces
hommes.J’ai partagé leur soupe, leur pain et l’eau fraîche de leur puits. Je les ai accompagnés
dans leurs promenades à travers les bois et sur les pentes neigeuses. Alors ils redeviennent
des gamins…ils rient, se bousculent, parlent de tout et de rien, refont le monde…
Ces prêtres-là sont-ils encore d’actualité? Certes, même si leurs prières ne peuvent empêcher
les ventes d’armes, le terrorisme, les mines personnelles, les mensonges, la drogue…
Je sais maintenant qu’ils sont là, que Dieu -ne cherchez pas lequel- les a choisis afin qu’ils
participent à notre vie quotidienne. Et si en regardant ce “Grand Silence” nous devenions
meilleurs? Quelle réussite! Merci, Ghislaine pour ce magnifique cadeau d’anniversaire…
Il faut dire que depuis 40 ans que nous sommes amies…vous me connaissez-bien!

L’important c’est d’être lu…
le 28 juillet
Boris Kochno a disparu le 8 décembre 1992…un départ qui n’a pas fait la Une de nos
journaux télévisés ni même de France-Musique et pourtant c’était un Grand Homme,
mais un de ceux dont on se sert…et dont on parle peu. Hélène Sadovska m’a confié
qu’elle voulait écrire un hommage, disons raconter l’histoire de leur rencontre, de leur
amitié…quelques pages qui permettraient à sa petite-fille, Antonia, de mieux connaître
leur passé. Hélène est une femme silencieuse, discrète et quand elle m’a donné son
manuscrit, j’ai eu un grand moment d’émotion. J’ai vécu quinze ans entre eux deux et
ils m’ont permis de mieux apprécier la musique, la danse, la peinture, la littérature russe…
et plus encore, la valeur de l’Amitié.
Le manuscrit est devenu un tapuscrit. Aidée par mon amie Ghislaine je l’ai installé dans
mon ordinateur, puis sur une disquette, puis sur un C.D, puis sur une clé USB…
Hélène a envoyé son texte à quelques éditeurs, à quelques amis…mais le monde de
l’édition préfère les coups médiatiques aux hommages amicaux!
Alors j’ai découvert que publier à compte d’auteurs n’était pas une honte…Ainsi, Stephen
Crane a publié ses premiers poèmes…En même temps j’ai fait la connaissance d’un bon
spécialiste…et en même temps j’ai pensé que je connaissais Hélène depuis trente ans et
que je lui devais bien cette joie. Elle raconte une amitié et une époque qui ne pourront plus s’effacer.
Hélène a déjà offert son “livre” à quelques amis…tous sont enthousiastes mais ils découvrent
une femme qu’ils connaissaient mal et qui a donné toute sa vie à son métier.
Moi, je veux faire diffuser cet ouvrage et j’ai besoin de vous. Hélène a encore
tellement à raconter…à nous tous de l’encourager.


Le temps des femmes.
le 20 juillet
C’est probablement ce que pensent tous les animaux de ce début de siècle. Oui, le
métier de vétérinaire est devenu un métier de femmes. Je viens de recevoir le Bulletin
des Anciens Elèves de l’ Ecole Vétérinaire d’ Alfort et la page de garde, qui annonce que
la clinique équine assure plus de 600 consultations par an, ne montre que de très jeunes
femmes… Comme l’année 1959 - mon année d’intégration - me semble loin. Nous nous retrouvions
cinq filles pour une promotion de 100 élèves. Nous n’étions pas internes mais en cas
crise, il y avait toujours un “copain” pour nous héberger. Des liens exceptionnels se sont
tissés et 44 ans après notre sortie de l’ Ecole nous nous retrouvons avec bonheur.
Je me suis battue pour que les femmes soient acceptées, respectées…partout, même
dans le monde politique. Chaque année le défilé du 14 juillet me prouve que j’ai eu raison!
Je ne sais pas si les femmes changeront le monde…là n’est pas la question, mais si elles
gouvernent avec le coeur, les Hommes en sortiront grandis.
Sur cette photo de la Promotion 1959-1963… cherchez les femmes…
Ces Homéopathes que nous devons lire…
le 11 juillet
La bataille pour l’Homéopathie est l’affaire de tous. Il y a ceux qui restent dans
leur coin…tout en la pratiquant ou en la consommant…Et il y a ceux qui se battent,
ceux qui écrivent des livres destinés au grand public, ceux qui écrivent pour dire
au monde médical comment ils travaillent, ceux qui organisent des rencontres…car
les homéopathes ne doivent pas rester dans l’ombre!
Ainsi, Mourad Benabdallah cherche à nous faire comprendre que l’Homéopathie n’est
pas une médecine isolée, qu’elle s’adresse à tous, qu’elle s’intéresse à tout et combien
elle est proche du monde scientifique. Les “digressions” de Mourad remettent nos pendules
à l’heure et stimulent notre courage. Il faut que ces “Chroniques homéopathiques” n’en
restent pas là…il faut que tous ceux qui veulent s’exprimer rejoignent Mourad.
Anne Le Fur-Bensoussan et Alain Sarembaud sont des médecins de terrain…des médecins
qui ont su s’engager et donc engager l’homéopathie dans ce monde bousculé. Leurs
clients vivent dans l’urgence et pourtant ils connaissent le pouvoir de nos granules.
Ce livre est une grande leçon de courage. Il nous permet de garder la tête haute. Un
très grand merci à tous les deux.
Oui, il faut parler de l’Homéopathie…il faut la faire connaître…là et ailleurs…Alors si
votre salon est assez vaste, invitez ces auteurs, permettez-leur de s’exprimer.N’oublions
pas que ce sont les salons littéraires du 19ème siècle qui ont fait connaître au monde
nos meilleurs écrivains.
Si notre savoir n’augmente pas…il est condamné.

Boum…boum…
le 9 juillet
Non, ce n’est pas le bruit d’un coeur en émoi…c’est le bruit de la poudre qui explose
chaque jour dans un coin du monde…le bruit d’une haine qui n’en finira jamais.
Parfois je pense à mes études d’ostéopathie…là, est le centre du sommeil, le centre
de l’appêtit, le centre de la parole…mais où donc est le centre de la haine?
J’ai souvent imaginé ce centre de la haine chez ces nazis qui massacraient les
miens et le soir caressaient les cheveux de leurs enfants en écoutant Schubert.
Aujourd’hui, nous sommes le 9 juillet et savez-vous qu’en 1860 plus de 5000 chrétiens
maronites de Damas, ont été massacrés, en moins d’une nuit, par des musulmans qui
leur en voulaient de détenir les secteurs d’activité les plus florissants. Le quartier
chrétien est pillé, brulé…boum…boum…et quelques survivants tentent de gagner Beyrouth.
Aujourd’hui, 9 juillet 2007, dans la mosquée d’ Ismalabad, des fidèles sont retenus en
otages par des fanatiques…Boum…boum…combien vont mourir? Et si la poudre avait
fait boum…boum à Londres? Chaque homme détruit par la haine trouve-t-il une place
au Paradis?
Et chaque matin…boum…boum…en Irak, au Darfour, en Colombie…partout où il est
plus facile d’acheter un fusil qu’un stylo…Nous allons fêter notre 14 juillet et nous serons
fiers de nos soldats, de nos avions, de nos sous-marins, de nos tanks, de nos armes…
Alors essayons de les transformer en oeuvres d’art…qui ne sauront jamais faire…
boum…boum…
Le courage des autres…
le 8 juillet
Nous sommes trop habitués à faire confiance à notre corps et à le laisser décider
à notre place. Aussi, quand quelque chose se détraque nous perdons les pédales.
Oui, je vois le bout du monde mais personne n’a pu imaginer que mes yeux seraient
allergiques aux collyres…Je suis effrayée par mon impuissance, moi qui, pendant des
années, ai soulagé tant d’animaux. J’ai mal…alors je grogne et je me cache…comme
n’importe quel chien ou n’importe quel chat!
Pourtant, il y a des gens qui nous montrent combien tous ces petits bobos ont peu
d’importance face à la mort qui s’installe irrémédiablement et décide seule du temps
qui nous reste. Peu de temps avant mon intervention j’ai lu le dernier livre de Christiane
Singer : “Derniers fragments d’un long voyage”, une leçon de courage, un hymne à la
vie. L’auteur sait qu’elle est condamnée, qu’un cancer la ronge, alors elle s’entend avec
la Mort pour que son départ ne soit pas trop pénible. Le calvaire que vivent l’âme
et le corps de Christiane Singer devrait nous apprendre à mieux gérer tout ce qui se
détraque en chacun de nous et qui est aggravé avec l’âge, la pollution, les angoisses,
les agressions de toute sorte.
En écrivant ce billet je pense à Christiane, disparue le 4 avril. C’était une grande dame
et je lui offre le miracle des mots…car elle était aussi un grand écrivain.
Pour les vacances préparez-vous quelques livres :
- Jean-Paul Dubois : “Hommes entre eux”.
- Catherine Singer : “N’oublie pas les chevaux écumants du passé”.
- Henryk Grynberg : “California Kaddish”.
J’ai profité de ce repos imposé pour regarder des DVD. Préparez-vous un bon plateau-
repas et découvrez le “Salomé” de Richard Strauss avec Maltifano et Terfel…
Ne refusez pas 110 minutes de bonheur…alors qu’autour de vous tout semble
si fragile.